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| Institutions liturgiques : Brefs de Pie IX |
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| Écrit par Administrator | |||||||||
| Dimanche, 04 Mai 2008 20:41 | |||||||||
Dom Guéranger : les Institutions liturgiques
BREFS DE NOTRE-SAINT-PÈRE LE PAPE PIE IX
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AD FUTURAM REI MEMORIAM Ecclesiasticis viris, quos nostra hœc tulit œtas, religione, doctrina, et Catholicœ reiprovehendœ studio atque industria maxime insignes, optimo quidem jure adscribendus est dilectus filius Prosper Guéranger, Abbas ad S. Petri Solesmensis, ac summus in Gallia Magister Congregationis Benedictinœ. Hic, cum abundaret ingenio, excellentisque eruditionis, atque in canonicis disciplinis scientiœ laude, ad id, per longœ sua ; vitœ cursum, semper intendit animum, ut gra-vissimis editis scriptis,pro Catholicœ Ecclesiœ doctrina, et Romani Pontifias prœrogativis strenuissime propugnaret, adversariorum frangeret conatus, erroresque refutaret. Neque vero, quum Nos, plaudente Christiano Populo, Sanctœ Dei Genitrici cœleste Immaculatœ Conceptionis prœconium solemni Decreto confirmavimus ; neque novissime, quum Romani Pontificis ex Cathedra docentis Infallibilitatem, frequentissimo universi Catholici Orbis Antistitum Consessu approbante, sanximus, idem dilectus filius Prosper catholici scriptoris officio defuit ; imo vulgatis operibus fidei, sacrœque scientiœ plenissimis, novum dedit prœstantis ingenii sui, immotœque erga Beatissimi Petri Cathedram observantiœ testimonium. Sed in quo ipse curas omnes cogitationesque collocavit, potissimum illud fuit, ut Romana Liturgia n Galliam, velutipostliminio, remearet. Quam quidem in re ita se gessit, ut ejus scriptis, nec non constantiœ, atque industries singulari prœ cœteris acceptum referri debeat, si antequam ipse ex hac vita migravit, cunctœ Galliœ Diœceses Romance Ecclesiœ ritus amplexœ sunt. Hœc in Catholici nominis procurando bono tota fere vita transacta, veluti in novum splendorem redundat, Congregationis Benedictines in Gallia consistentis, satis quidem aliis nominibus clarce, ita novum a Nobis quodammodo postulat propensœ animi voluntatis documentum. Cum igitur a Romanis Pontificibus Prœdecessoribus Nostris quam plurima prodierint exempla Nobis ad imitandum relicta, quibus illi certos honores ac munera nonnullorum Religiosorum cœtum Alumnis ita semper addixerunt, ut illi majores inde spiritus sumerent ad Religionem colendam, sapientiœ laudem potiundam,Christianasque virtutes exercendas, hinc est quod Nos, singulos ac universos quibus Nostrœ hœ litterœ favent, ab quibusvis excommunicationis et interdicti, aliisque ecclesiasticis sententiis, censuris et pœnis quovis modo vel quavis de causa latis, si quas forte incurrerint, hujus tantum rei gratia absolventes ac absolutos fore censentes, Motu proprio, certa scientia, et matura deliberatione, deque Apostolicœ potestatis Nostrœ plenitudine, volumus ac decernimus ut deinceps, perpetuisfuturis temporibus, Abbas ad S. Petri Solesmensispro tempore existens Cappœ Magnœ, servatis servandis, usu fruatur ; utque locus inter Consultores Congregationis Venerabilium Fratrum Nostrorum S. R. E. Cardinalium Sacris Ritibus prœpositoe, succedente illius pro tempore vacatione, uni ex Monachis Ordinis S. Benedicti Congregationis Cassinensis concedi atque adsignari debeat, vel si alias ab hac S. Sede Apostolica concessus adsignatusque fuerit, confirmetur. Hœc volumus, mandamus, edicimus, decernentes présentes Nostras Litteras semperfirmas, validas, et efficaces exisiere et fore, suosque plenarios et integros effectus sortiri atque obtinere illisque,ad quos spectat,acpro tempore quandocumque spectaverit, plenissime suffragari, sicque in prœmissis per quoscumque Judices ordinarios et delegatos etiam causarum Palatii Apostolici Auditores judicari et definiri debere, ac irritum et inane, si secus super his a quoquam quavis auctoritate scienter vel ignoranter çontigerit attentari. Non obstantibus Constitutionibus et Sanctionibus Apostolicis,et quatenus opus sit, dicta ; Congregationis etiam juramento, confirmatione Apostolica, vel quavisfirmitate alla roboratis Statutis et consuetudinibus, cœterisque contrariis quibuscumque. Datum Romœ, apud S. Petrum, sub annulo Piscatoris, die XIX Martii MDCCCLXXV, Pontificatus Nostri anno XXIX. F. Card. ASQUINIUS. |
POUR PERPÉTUELLE MÉMOIRE Parmi les hommes d’Église qui, de notre temps, se sont le plus distingués par leur religion, leur zèle, leur science, et leur habileté à faire progresser les intérêts catholiques, on doit inscrire à juste titre Notre cher fils Prosper Guéranger, abbé de Saint-Pierre de Solesmes et supérieur général des Bénédictins de la congrégation de France. Doué d’un puissant génie, possédant une merveilleuse érudition et une science approfondie des règles canoniques, il s’est appliqué, pendant tout le cours de sa longue vie, à défendre courageusement, dans des écrits de la plus haute valeur, la doctrine de l’Église catholique et les prérogatives du Pontife romain, brisant les efforts et réfutant les erreurs de ceux qui les combattaient. Et lorsque, aux applaudissements du peuple chrétien, Nous avons par un décret solennel confirmé le céleste privilège de la Conception Immaculée de la sainte Mère de Dieu ; et tout récemment, lorsque Nous avons défini, avec l’approbation du très-nombreux concile qui réunissait les évêques de tous les points de l’univers catholique, l’infaillibilité du Pontife romain enseignant ex cathedra ; Notre cher fils Prosper n’a pas manqué au devoir de l’écrivain catholique ; il publia des ouvrages pleins de foi et de science sacrée, qui furent une preuve nouvelle de son esprit supérieur et de son dévouement inébranlable à la chaire de Saint-Pierre. Mais l’objet principal de ses travaux et de ses pensées a été de rétablir en France la liturgie romaine dans ses anciens droits. Il a si bien conduit cette entreprise, que c’est à ses écrits, et en même temps à sa constance et à son habileté singulière, plus qu’à toute autre influence, qu’on doit d’avoir vu, avant sa mort, tous les diocèses de France embrasser les rites de l’Église romaine. Cette vie, employée, on peut dire, tout entière aux intérêts de la cause catholique, ajoute l’éclat d’une splendeur nouvelle à la congrégation bénédictine de France, déjà illustre à tant d’autres titres, et semble exiger de Nous un nouveau témoignage de notre bienveillante affection. Les Pontifes romains Nos prédécesseurs Nous ont d’ailleurs laissé de nombreux exemples à suivre, par l’attention constante qu’ils ont eue d’octroyer aux membres des diverses familles religieuses des honneurs et des emplois propres à leur inspirer une plus grande ardeur dans le service de la religion, dans la poursuite glorieuse de la science et dans l’exercice des vertus chrétiennes. En conséquence, pourvoyant d’abord à ce que tous et chacun de ceux qui bénéficient de ces lettres soient, à cet effet seulement et si toutefois il y a lieu, absous et considérés comme absous de toute espèce de sentence ecclésiastique, censure et peine portée de quelque manière ou pour quelque cause que ce soit ; de Notre propre mouvement et science certaine, après mûre délibération, de la plénitude de Notre pouvoir apostolique, Nous voulons et décrétons que désormais et pour toujours, dans la suite des temps, l’abbé de Saint-Pierre de Solesmes, alors en charge, jouisse de l’usage de la cappa magna, selon les règles ordinaires. De plus, parmi les consulteurs de la congrégation de Nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Église romaine préposée aux rites sacrés, une place sera concédée et assignée à un des moines de l’ordre de Saint-Benoît de la famille du Mont-Cassin, chaque fois qu’elle deviendra vacante ; et si cette faveur avait déjà été concédée et assignée par ce saint Siège apostolique, Nous voulons qu’elle soit confirmée par Notre présent décret. Telles sont Nos volontés, Nos ordres et Nos décisions ; et Nous décrétons que les présentes lettres soient maintenant et toujours invariables, valides et efficaces ; qu’elles obtiennent et produisent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient complètement profitables à ceux qu’elles regardent et qu’elles regarderont plus tard en quelque temps que ce soit ; et que tous les juges quels qu’ils soient, ordinaires et délégués, même les auditeurs des causes du palais apostolique, devront juger et définir d’après ce qui est statué ci-dessus ; et tout ce qui pourra être tenté dans un autre sens à ce sujet par qui que ce soit et quelque autorité que ce soit, avec ou sans connaissance, sera nul et de nul effet. Il en sera ainsi, nonobstant les constitutions et les décisions apostoliques, et autant que de besoin nonobstant les statuts et les coutumes de ladite congrégation, même corroborés par le serment, ou confirmés par l’autorité apostolique ou quelque autre sanction que ce soit, et malgré toutes choses contraires. Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le XIX mars MDCCCLXXV, la XXIX année de Notre pontificat. F. Card. ASQUINI. |
VENERABILI FRATRI NOSTRO LUDOVICO EDUARDO, EPISCOPO PICTAVIENSI Venerabilis Frater, Salutem et Apostolicam Benedictionem. Decebat profecto junebria laudis officia clarissimo Familiœ Sancti Benedicti ornamento Prospero Guéranger a Viro persolvi, qui optimus virtutum et scientiœ judex ; illique familiarissimus, gesta simul et mentem defuncti valeret exponere ac revelare. Gaudemus autem, Venerabilis Frater, te sic istud obiisse munus amicitiœ, ut in tota ejus vita demonstraveris aptissimum instrumentum a divina providentia paratum Galliœ, cum ad restituendos Regulares Ordines deletos, tum ad amplissimam eorum utilitatem oculis subjiciendam. Luculenter enim ostendisti, ipsum assecutum utrumque fuisse, sive excitando rursum et propagando in Gallia monasticum institutum et disciplinant ; sive suadendo rituum uniformitatem, vitio temporum distractam, cum Romana Ecclesia ; sive propugnando et illustrando Sedis hujus Apostolicœ jura et privilegia ; sive demum configendo errores omnes, ac prœsertim jactatasuti nostrorum temporum ornamentum opiniones : ita ut illa sententiarum inter sinceros catholicos concordia,et communis illa observantia et dilectio vere filialis, qua Gallia Nobis conjungitur, ejus operositati, gratiœ, scientiœ magna ex parte non immerito tribuenda videatur. Hœc porro cum mirifice consensum foverint aut confirmaverint animorum, qui necessario vertitur in summum quoque civilis consortii beneficium, defuncto elogium asserunt veri Benedicti discipuli, qui dum se totum Deo et Ecclesiœ devovit, tanto se filiosque suos emolumento prœbuit civili societati. Copiosam operum suorum mercedem ipsi jam a Deo collatam esse speramus ; tibi vero sterilem non futurum confidimus laborem tuum : tum quodpiorum gesta vulgari in aliorum incitamentum expediat, tum etiam quodpromeritœ a defuncto laudes ob indictum recentibus erroribus bellum, novam quamdam vim adjiciant oppugnationi illi strenuœ, quam eximiœ tuœ litterœ pastorales iisdem passim objiciunt. Excipe, Venerabilis Frater, Apostolicam Benedictionem, quam divini favoris auspicem, et prcecipuœ Nostrœ benevolentiae testent tibi tuœque Diœcesi universce peramanter impertimus. Datum Romœ apud S. Petrum, die 29 Martii, anno 1875, Pontificatus Nostri anno vicesimo nono. PIUS PP. IX. |
A NOTRE VÉNÉRABLE FRÈRE LOUIS-ÉDOUARD, ÉVÊQUE DE POITIERS Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique. Il convenait assurément que les honneurs de l’éloge funèbre fussent rendus à cette très-brillante gloire de l’Ordre de Saint-Benoît, Prosper Guéranger, par un homme qui, excellent juge des vertus et de la science, et intimement lié avec le pieux défunt, fût en mesure de raconter ses actions et de dévoiler son âme. Nous sommes heureux, vénérable Frère, qu’en remplissant le devoir de l’amitié, vous avez montré dans la personne et dans toute la Vie de ce religieux un instrument providentiellement préparé à la France pour rétablir les Ordres religieux détruits, et pour faire éclater à tous les yeux leur très-grande utilité. Vous avez prouvé avec évidence qu’il a rempli cette double mission, soit en relevant et en propageant dans la France l’institut et la discipline monastique, soit en persuadant de rétablir avec l’Église romaine l’uniformité des rites détruits par le vice des temps, soit en défendant et en mettant dans un plus grand jour les droits et les privilèges de ce Siège apostolique, soit en réfutant toutes les erreurs et surtout ces opinions vantées comme la gloire de notre époque. Ses efforts ont eu un tel succès, que cet accord de sentiments entre les véritables catholiques, ce dévouement universel, cet amour vraiment filial par lequel la France Nous est unie, doivent être, à bon droit, attribués en grande partie à son activité laborieuse, à sa grâce et à sa science. Ainsi a été produit et cimenté un merveilleux accord des esprits, qui tourne nécessairement au très-grand bien de la société elle-même ; et par là le défunt a glorieusement justifié son titre de disciple de saint Benoit, puisqu’en se dévouant tout entier à Dieu et à l’Église, il a procuré, par lui-même et par ses fils, de vrais avantages à la société humaine. Dieu, Nous l’espérons, lui a déjà donné l’ample récompense de ses œuvres ; et, quant à vous, Nous avons la confiance que votre travail ne sera pas inutile ; d’abord parce que l’éloge des bons est un encouragement pour les autres ; puis, en payant au défunt les louanges qu’il a méritées pour avoir fait bonne guerre aux erreurs modernes, vous avez ajouté un nouveau coup vigoureux à la vaillante attaque et résistance que leur opposent sans cesse vos remarquables lettres pastorales. Recevez, vénérable Frère, la bénédiction apostolique que Nous accordons avec tendresse à vous et à tout votre diocèse comme un gage de la faveur divine et un témoignage de Notre bienveillance toute particulière. Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 29 mars de l’année 1875, la vingt-neuvième de Notre pontificat. PIE IX, PAPE. |
VENERABILI FRATRI CAROLO-AEMILIO EPISCOPO ANDEGAVENSI Venerabilis Frater, Salutem et Apostolicam Benedictionem. Illa Apostoli sententia, Venerabilis Frater, pietas ad omnia utilis est ; promissionem habens vitœ,quœ nunc est et futurœ, necfacundius fortasse, nec luculentius commentarium desiderare potuisset sermone illo tuo de Ordine monastico. Nam si monachus est homo dec uti perspicue ostendisti, ac idcirco HOMO ECCLESIAE illiusque prœsertim cathedra a Deo positœ ad ipsam regendam, ac ut sit omnibus veritatis magistra et centrum unitatis ; prqfecto sequitur, monachum in se prœferre virum Deo proximisque plane devotum, ipsisque potius quant sibi viventem. Quid vero expectandum sit ab hominum hujusmodi consociatione ratio facile assequitur, et constans sœculorum historia, voce argumentis omnibus potiore, docet,quomodo per ipsos diffusa fuerit christiana religio, et ejus ope barbares gentes ad civilem ordinem compositœ, cicurati mores, leges latœ, propagatœ litterœ ac scientiœ, artes excultœ, agricultura provecta, mutuœ populorum amicitiœ et commercia conciliata, ac innumera parta hominibus beneficia. Pronam quidem tibi de hisce disserendi occasionem suppeditavit recurrens anniversaria dies obitus piissimi et clarissimi Abbatis Prosperi Guéranger, qui virtute, pietate, zelo, scientia, operositate verum se Benedicti disdpulum seu monachum eximium exhibuerat ; sed nihil contingere poterat opportunius et accommodatius prœsentibus quoque rerum adjunctis, in quibus pietas non solum irridetur, sed odio habetur et proscinditur ; monachi vero passim, uti scientiœ, artibus, civili consortio infensi, aut saltem inutiles, infestantur, divexantur, disjiciuntur. Equidem lux ipsa solisfrustra illis objicitur, qui clausos ipsi oculos obfirmant ; verum et honesti non desunt qui, perversis decepti doctrinis, ode-runt non quod non norunt, et blasphemant quod ignorant. Istis saltem prqficuam adprecamur egregiam orationem tuam, ac interim divini favoris auspicem et prœcipuœ Nostrœ benevolentiœ testem tibi, Venerabilis Frater, totique diœcesi tuœ Benedictionem apostolicam peramanter impertimus. Datum Romœ, apud S. Petrum, die 10 aprilis, anno 1876, Pontificatus Nostri anno tricesimo. PIUS PP. IX. |
A NOTRE VÉNÉRABLE FRÈRE CHARLES-ÉMILE, ÉVÊQUE D’ANGERS Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique. Cette parole de l’apôtre, Vénérable Frère : la piété est utile à tout : elle possède les promesses de la vie présente et de la vie future, n’aurait certainement pu recevoir un commentaire plus éloquent, une démonstration plus lumineuse que votre discours sur l’Ordre monastique. Car si, comme vous l’avez fait voir clairement, le Moine est l’homme de Dieu, et par conséquent l’homme aussi de l’Église, l’homme surtout de cette Chaire qui a été établie de Dieu pour gouverner l’Église et pour être la maîtresse universelle de la vérité, et le centre de l’unité, il faut évidemment conclure que le Moine présente en sa personne le type par excellence de l’homme dévoué à Dieu et au prochain, vivant plus pour Dieu et le prochain que pour lui-même. Ce que l’on peut attendre d’une réunion d’hommes animés de pareils sentiments, la raison le conçoit sans peine, et l’histoire de tous les siècles est là de son côté pour nous apprendre, d’une voix plus puissante que tous les arguments, comment, en effet, c’est par ces hommes que la religion chrétienne s’est étendue, par leur influence que l’on a vu les nations barbares se civiliser, les mœurs s’adoucir, la législation se former, les lettres et les sciences se propager, les arts se perfectionner, l’agriculture se développer et les relations mutuelles d’amitié et de commerce se nouer entre les peuples ; par eux enfin que des bienfaits sans nombre ont été répandus sur l’humanité. L’occasion favorable d’exposer ces vérités s’offrait naturellement à vous, Vénérable Frère, à l’anniversaire de la mort du très-pieux et très-illustre abbé Dom Prosper Guéranger, lui qui par sa vertu, sa piété, son zèle, sa science et les travaux de toute sa vie, s’est montré le vrai disciple de saint Benoit, le Moine parfait. Mais en même temps vous ne pouviez rien dire de plus opportun, rien de mieux adapté aux circonstances présentes, aujourd’hui que la piété est non-seulement bafouée, mais encore en butte à tous les traits de la haine, et que, pour les Moines, on se plaît partout à les représenter comme les ennemis de la science,’des arts, de la civilisation, ou tout au moins comme des gens inutiles, afin de pouvoir ensuite les inquiéter, les persécuter, les disperser. C’est en vain, il est vrai, que la lumière du soleil vient frapper la face de ceux qui s’obstinent à tenir les yeux fermés ; mais il ne manque pas non plus de gens honnêtes, qui, trompés par des doctrines perverses, haïssent ce qu’ils ne connaissent pas et blasphèment ce qu’ils ignorent. A ceux-là, du moins, nous souhaitons que votre excellent discours puisse profiter ; en attendant, comme gage de la faveur divine, et en témoignage de Notre bienveillance toute particulière, Nous vous accordons, à vous, Vénérable Frère, et à tout votre diocèse, du fond de Notre cœur, la bénédiction apostolique. Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 76, la trentième année de Notre pontificat. PIE IX, PAPE. |
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