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Le Gallicanisme PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Dimanche, 11 Mai 2008 12:26

LE GALLICANISME

Le gallicanisme se réfère à des institutions du royaume capétien, spirituelles ou temporelles : la Faculté de théologie de Paris, les Assemblées du clergé de France, les traditions de la monarchie et les Parlements du royaume.

Au XVIIe siècle deux gallicanismes se laissent discerner, celui des Parlements et des légistes et celui des hommes d'Église. Pour les parlementaires, le but est d'assurer l'indépendance totale du pouvoir royal par rapport à l'autorité spirituelle du pape, et de contrôler de près la vie et l'administration de l'Église à l'intérieur du royaume ; les gens d'Église sont plutôt portés à récuser les développements de la puissance pontificale ; à l'origine, ils transposent dans leur propre doctrine sur l'Église l'expérience qu'ils ont d'une monarchie respectueuse des franchises locales, des corps intermédiaires, des libertés municipales ou provinciales, des législations coutumières ; dans la pratique, les évêques français sont soucieux de défendre leur autorité contre les théologiens portés à minimiser le pouvoir épiscopal, contre l'exemption des religieux, contre toutes les "entreprises" romaines. Dans la première moitié du XVIIe siècle, un travail de mise en ordre s'opère dans les archives du gallicanisme, qui s'organise en corps de doctrine systématisé.


Or la politique de puissance et de prestige menée par Louis XIV l'oppose plusieurs fois au Saint-Siège. A partir de 1673, un conflit plus profond se développe et oppose le roi au pape au sujet de l'extension du droit de régale (ou droit pour le pouvoir royal de percevoir pendant la vacance les revenus des évêchés et de nommer à certains bénéfices ecclésiastiques). Le pape Innocent XI menaça d'user des armes spirituelles dont il disposait. Les évêques français se rangèrent dans le camp du roi et désapprouvèrent le pape à l'Assemblée de 1680, puis, en 1682, votèrent la célèbre Déclaration des Quatre Articles : Indépendance du roi dans le domaine temporel, supériorité du Concile sur le pape, respect dû par le pape aux libertés de l'Église gallicane, affirmation selon laquelle les définitions pontificales en matière de foi ont besoin du consentement de toutes les Églises avant de devenir irréformables.

Louis XIV entendait que les Quatre Articles deviennent la doctrine commune de l'Église gallicane. Innocent XI se refusa à donner l'investiture canonique aux candidats qui avaient souscrit à la Déclaration et, à sa mort en 1693, 35 évêchés étaient dépourvus de titulaires ; un compromis fut élaboré avec son successeur ; la régale fut acceptée par le Saint-Siège comme un moindre mal, mais le roi dut consentir à ce que les Quatre Articles ne soient plus enseignés en France. En fait les doctrines demeurèrent et passèrent dans l'enseignement courant du clergé français, préparant de loin les esprits à la Constitution civile du clergé.

 

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