Menu principal
| Préface à l'Enchiridion |
|
|
|
| Écrit par Dom T. Barbeau | |
| Samedi, 02 Mai 2009 08:36 | |
|
PRÉFACE DE DOM GUÉRANGER À L’ENCHIRIDION BENEDICTINUM (1862)) DE dom Guéranger, on connaît les Institutions liturgiques (3 vol., 1840, 1841 et 1851), L’Année liturgique (9 vol., 1841-1866), les Essais sur le naturalisme contemporain (1858), le De la Monarchie pontificale (1870) ou encore Sainte Cécile et la société romaine (1874), mais beaucoup moins les publications en matière de spiritualité et plus spécifiquement de vie monastique, comme l’Enchiridion benedictinum, l’édition française des Exercices de sainte Gertrude (1863), L’Église ou la Société de la louange divine (1875) et le Règlement du noviciat ou Notions sur la vie religieuse et monastique (1885). Parmi ces dernières, l’Enchiridion représente une source importante de la pensée monastique de dom Guéranger. En effet, bien qu’il ne s’agisse somme toute que d’une anthologie, le choix des textes publiés et la Préface, qu’il y inséra, permettent une précieuse approche de sa spiritualité, notamment de son enseignement sur la question importante et délicate de la prière. Le projet initial de l’Enchiridion remonte à octobre 1857. Par l’intermédiaire de dom Laurent Shepherd1, profès d’Ampleforth et plus tard chapelain des moniales de Stanbrook, jeune disciple enthousiaste de dom Guéranger, dont il traduisit en anglais L’Année liturgique, le président de la Congrégation anglaise, dom Placide Burchall, sollicitait alors de l’abbé de Solesmes la composition « d’un manuel ascétique bénédictin » destiné aux moines de sa congrégation. De son côte, dom Guéranger avait l’intention de réimprimer le Miroir des moines de Louis de Blois avec la Règle de saint Benoît accompagnée d’un court commentaire, que les bénédictins anglais envisageaient eux aussi de publier2. Il accepta de travailler à la publication d’un Manuale ou Enchiridion et se proposa de « faire entrer dans ce petit volume la fleur de l’ascèse bénédictine, outre la sainte Règle, la Vie [de saint Benoît] et le Speculum [de Louis de Blois]3 ». Il fut convenu que celui-ci serait imprimé à 1200 exemplaires, entièrement aux frais de la Congrégation anglaise ; dom Guéranger s’en réservant 200 à titre de droit d’auteur4. Les responsabilités très prenantes de l’abbé de Solesmes, sa santé toujours chancelante, la rédaction des volumes de L’Année liturgique, de la Vie de saint Benoît et histoire de l’ordre monastique en Occident, à laquelle dom Shepherd souhaitait qu’il donna la priorité - ouvrage sans cesse remis sur le métier, sans cesse interrompu et dont le premier volume devait sortir en 1860 -, et de ses nombreuses autres publications en cours en retardèrent la publication. Des difficultés relatives à la composition de l’Enchiridion lui-même vinrent s’y ajouter, comme le problème soulevé par la division du texte de la Règle de manière à ce que, selon l’usage anglais, celle-ci puisse être lue publiquement au chœur trois et non deux fois par an5. Cependant, l’impression du volume semble être déjà commencée au début de 1860. Entre temps, cédant à l’invitation pressante du prieur de Belmont, dom Norbert Sweeney, dom Guéranger se rendit, en septembre 1860 en Angleterre ; dom Shepherd lui servant de guide et d’interprète6. L’occasion de ce voyage était la dédicace de l’église Saint-Michel de Belmont, le 4 septembre, au cours de laquelle l’abbé de Solesmes chanta la messe. « L’alliance des deux congrégations ne pouvait être scellée d’une manière plus touchante et plus solennelle », notait-il dans son Journal7. L’Enchiridion n’a donc pas été entrepris par dom Guéranger en remerciement de l’accueil qu’on lui avait réservé, ainsi qu’on a pu l’écrire8. Du moins, son périple Outre-Manche le détermina peut-être à y travailler plus intensément. Mais de nouveaux contretemps, la lenteur et les maladresses des imprimeurs surtout9 - dont se font l’écho l’abondante correspondance qu’il entretient avec dom Laurent, son seul intermédiaire dans cette affaire, ainsi que leurs conversations lors des visites que, depuis 1855, ce dernier ne manquait pas presque chaque année de rendre à l’abbé de Solesmes -, en différèrent encore la parution. Comme ses prédécesseurs les bénédictins érudits des 17e et 18e siècles, dom Guéranger devait s’occuper lui-même non seulement de la rédaction de ses ouvrages, mais aussi de leur impression et même de leur diffusion auprès des libraires. Ce n’est qu’en juin 1862, que l’Enchiridion sortait enfin des presses de Cosnier et Lachèse, imprimeurs à Angers. Les frais d’impression, pour lesquels dom Guéranger avait déjà reçu 2000 francs, s’élevaient à 1864 francs. Dom Guéranger en expédiait 500 exemplaires à Belmont et 40 à Douai et, toujours conformément aux avis reçus de dom Shepherd, pensait placer les 460 restants chez le libraire parisien Victor Palmé avec lequel il s’arrangerait afin que la Congrégation anglaise puisse retirer de la vente plus de la moitié de la dépense qu’elle avait engagée pour l’impression, suggérant de vendre l’ouvrage à 3 ou 4 francs10. Il n’en avait encore rien fait en avril 1864, attendant la parution toujours remise du premier volume de sa Vie de saint Benoît pour les mettre en vente ensemble11. Après avoir pris connaissance de l’Enchiridion tout frais sorti des presses, dom Shepherd, dont l’admiration pour l’abbé de Solesmes était quelque peu excessive, lui écrivait de Bath, le 21 juin 1862, ces lignes de remerciement plus qu’enthousiastes, qui, bien qu’elles durent faire sourire dom Guéranger, n’étaient pas pour lui déplaire : Ma reconnaissance pour le charmant Enchiridion est inexprimable. J’en suis ravi. Je l’ai baisé plusieurs fois avant de rompre l’enveloppe et parcourir ce petit étranger si longtemps attendu en tous ses traits. Mon Dieu, qu’il est bien beau cet enfant de mon Père. J’ai dit avec chaque baiser un cordialissime Deo gratias. Et comme j’étais très malade ce jour et il était bien tard quand je l’ai reçu, je n’osais point rien lire pour le moment. Ce matin donc, je mets mon Enchiridion sous l’autel, pendant que je dis la sainte messe, et je prie N[otre] Seigneur de vous bénir avec mille bénédictions pour ce nouveau travail que vous avez fait pour lui. Puis je lis l’Épître dédicatoire, et je savoure chaque mot avec un plaisir que je doute qu‘un plus grand serait senti par aucun autre lecteur, quand même ce serait un de votre famille de Solesmes12. L’Enchiridion reçut un accueil favorable de la part des bénédictins anglais. Dom Cockshoot, de Belmont, manifesta « un enthousiasme, qui m’a fait sourire moi qui suis plus calme dans mon admiration pour mon Père, y étant plus usité », commentait dom Laurent ! Dom Burchall devait écrire à dom Guéranger pour le remercier au nom de la Congrégation anglaise. Dom Shepherd se proposait d’en offrir un exemplaire au célèbre père Faber, de l’Oratoire de Londres, qui en avait manifesté le désir13. Et devant le succès remporté par l’Enchiridion, il pressait bientôt dom Guéranger de composer un second tome, pour lequel une donatrice se proposait déjà d’offrir 2500frs, et lui suggérait d’y publier les Orationes de saint Anselme de Canterbury et le Commentaire de sainte Hildegarde sur la Règle14. L’abbé de Solesmes lui répondit qu’il lui faudrait au moins un an pour le faire tel qu’il le pensait et deux ans tel que lui l’envisageait15. Le projet en resta là . L’Enchiridion est un petit ouvrage in-18 de XXXVIII et 658 pages. Le volume s’ouvre par une longue Préface, rédigée en latin par dom Guéranger sous la forme d’une épître dédicatoire adressée aux bénédictins de la Congrégation anglaise, dans lequel ils trouveront : […] les saintes traditions du monachisme occidental, les enseignements sublimes de notre illustre Patriarche, les trésors de perfection de la vie religieuse, et enfin les secrets des grâces de choix réservées à la vie contemplative16. L’ouvrage est entièrement composé de textes de la tradition monastique occidentale. On y trouve tout d’abord la Règle de saint Benoît, par laquelle « il se survit et nous parle encore », et dont « toutes les générations sont unanimes à affirmer qu’elle est l’œuvre du Saint-Esprit17 » ; et sa Vie par saint Grégoire le Grand, « la clef d’or qui ouvre le trésor de la Règle, […] et qui en est le meilleur et plus remarquable commentaire18 ». Dom Guéranger rapporte ensuite, en un Fasciculus pietatis, de nombreux témoignages de la tradition en faveur du Patriarche des moines d’Occident : un apophtegme rapporté par saint Grégoire en dehors de la Vie, le poème du moine Marc, les Actes apocryphes des saints Placide et Maur, le poème d’Aldhelm de Sherborne, un passage d’une homélie de Paul Diacre, une prière d’Alcuin, le poème de Smaragde de Saint-Mihiel placé en tête de son Commentaire sur la Règle, l’évocation de la rencontre de saint Benoît et de sainte Scholastique par Berthaire, abbé du Mont-Cassin, un sermon de saint Odon de Cluny, une homélie de saint Pierre Damien, la prière de saint Anselme de Canterbury, des passages de saint Bruno de Segni, de saint Alfano ou Alphan de Salerne, de Geoffroy de Vendôme, de saint Bernard de Clairvaux, du bienheureux Guerric d’Igny, des saintes Hildegarde de Bingen, Gertrude la Grande, Brigitte et Françoise Romaine ; et des textes de dévotion : la prière O alme Pater Benedicte, l’Exercice à l’heure de la mort dicté à sainte Gertrude, l’hymne Signifer invictissime chantée quotidiennement au Mont-Cassin, des formules utilisées pour la bénédiction de la Médaille de saint Benoît, la prière Excita Domine pour le renouvellement de son esprit dans son Ordre et les cinq promesses « que Dieu […] daigna faire à saint Benoît pour l’exaltation de son Ordre et pour la consolation de ceux d’entre nous qui doivent vivre à la fin des temps19 ». Enfin, dom Guéranger publie dans leur intégralité deux écrits spirituels majeurs de la tradition bénédictine : le Miroir des moines de Louis de Blois et les Exercices de sainte Gertrude. L’Enchiridion s’achève par les prières d’usage à l’intention des prêtres avant et après la messe. Dom Guéranger, comme on l’a déjà dit, projetait initialement de donner une nouvelle édition du Miroir des moines accompagnée de la Règle bénédictine, suivant en cela les Manuels ascétiques antérieurs, ceux fournis par les mauristes notamment, dans lesquels, outre la Règle, étaient souvent imprimées l’Imitation de Jésus-Christ, la Pratique de la Règle de saint Benoît et la Conduite pour la retraite du mois de dom Claude Martin. Le choix par l’abbé de Solesmes du Miroir des moines, plus encore peut-être des Exercices de sainte Gertrude, pour l’Enchiridion, où il ne voulait pas faire entrer ses « pauvres élucubrations20 », est particulièrement significatif de sa spiritualité. Dom Guéranger vouait une grande vénération pour Louis de Blois (1506-1566)21, qu’il considérait comme un saint22 et dont il réussit à obtenir le chef en 1866 : Héritier et tenant des antiques traditions monastiques, il appartient cependant à l’époque moderne, et de nos jours où la véritable notion du moine est complètement perdue, nul n’est plus propre que lui à la rappeler. Le Dacryanus (le Pleureur) ou Speculum monachorum lui apparaît comme : […] le meilleur guide capable de façonner la vie tout entière sur le modèle de la sainte Règle23. Il le juge supérieur à l’Institution spirituelle, qui est pourtant l’œuvre la plus importante de Louis de Blois et qui joua un rôle capital dans l’histoire de la spiritualité. L’abbé de Solesmes n’était pas moins attaché à l’enseignement de sainte Gertrude la Grande (1256-vers 1301) ou d’Helfta24. Attachement qu’il partageait avec un bon nombre de ses contemporains, comme le père Faber ou l’abbé Charles Gay. Il voit en elle un guide très sûr dans les voies de la vie unitive, de cette jouissance de l’âme « illuminée par la contemplation des mystères du Verbe incarné […], laquelle produit par elle-même la charité parfaite25 ». On comprendra aisément qu’il ait été particulièrement sensible au climat liturgique dans lequel, non seulement pour la forme, mais bien plus pour le fond même de la doctrine, baignent les Exercices, dont par ailleurs il ne discute pas du problème de l’authenticité : La diction et le style [de sainte Gertrude] ne s’écartent pas du langage des Saintes Ecritures quelle a apprises en contemplant et en scrutant assidûment le Verbe incarné, ou bien en méditant les secrets de la sainte Liturgie. […] Assurément, elle n’a rien emprunté aux spéculations d’une vaine philosophie, ni à ces théories humaines qui prétendent imposer à l’âme qui veut s’unir à Dieu des règles déterminées. Elle ne s’est guère souciée non plus de cette psychologie qui peut satisfaire l’esprit, mais qui ne procure au cœur ni la joie ni la vie26. Dans la Préface à sa traduction française des Exercices, donnée l’année suivante, en 1863, il fait de sainte Gertrude un des meilleurs représentants : […] de cette forme de spiritualité qui ménage la liberté d’esprit, et produit dans les âmes, sans méthode rigoureuse, les dispositions dont les méthodes modernes n’ont pas toujours le secret. […] [École] qui a pour base la Règle du Patriarche des moines d’Occident, commence à saint Grégoire le Grand et s’arrête à Louis de Blois qui la clôt dignement. […] Quiconque en fera l’expérience, s’il a pratiqué les auteurs plus récents sur l’ascèse et la mystique, ne tardera pas à sentir cette saveur si différente, cette autorité douce qui ne s’impose pas , mais qui entraîne. Là , rien de cette habileté, de cette stratégie, de cette analyse savante que l’on rencontre ailleurs ; […] moins de philosophie, moins de psychologie27. Le texte gertrudien, contrairement à ce que son titre d’Exercices pourrait induire, laisse en effet peu de place à l’oraison méthodique au profit de la spontanéité de l’union de l’âme à Dieu, dans un contexte liturgique essentiel, alors que celui-ci s’amenuisera, voire même disparaîtra entièrement chez la plupart des modernes. On comprend que l’abbé de Solesmes ait été très attaché à l’enseignement de sainte Gertrude, lui qui avait le désir de s’affranchir des méthodes d’oraison issues de la Devotio moderna et de retourner à la source « naturelle » de la prière qu’est la liturgie, célébration du mystère du Verbe incarné, dont il a fait le fondement de sa spiritualité – d’ailleurs de toute sa pensée -, et au centre de laquelle se trouve le culte du Sacré-Cœur, tout comme pour la moniale d’Helfta. Très révélateur à cet égard est le jugement à l’emporte-pièce émis par dom Guéranger sur dom Augustin Baker (1575-1641), bénédictin de la Congrégation anglaise, dans une de ses lettres à dom Shepherd, qui lui parlait de L’Année liturgique et de son mystère De Verbis Incarnato comme antidote à l’auteur mystique28 ; il écrivait : Oh ! Puissiez-vous débarrasser du Baker tous ceux et celles qui sont à saint Benoît et à l’Église catholique ! Pour moi, je l’ai en horreur. Si j’avais une traduction de ce philosophe, je l’écraserais sous le poids des condamnations portées par le Saint-Siège contre les hétérodoxes en spiritualité29. L’abbé de Solesmes fait ici allusion à l’accusation injustifiée de quiétisme faite à l’encontre de dom Baker. Il est vrai en revanche, que, ayant dû mener une grande partie de sa vie monastique dans la clandestinité, celui-ci n’accorde pratiquement aucune place à la liturgie, qu’il considère comme un moyen, parmi d’autres, de la prière personnelle. Dom Baker n’en appartient pas moins à la plus pure tradition bénédictine. Bien que retrouvant les voies de la vie mystique – et on sait le rôle joué plus tard dans ce domaine par mère Cécile Bruyère et dom Paul Delatte -, dom Guéranger n’en nourrit pas moins des préjugés à l’égard des auteurs modernes les plus authentiques. Ce sont les mêmes raisons qui lui faisaient préférer à l’Institution spirituelle de Louis de Blois, son Miroir des moines, où : […] nous apprendrons parfaitement les motifs du culte divin et la manière de le rendre, comme nous devons prier en présence de la divine majesté : or, c’est à cela que se passe presque tout entière la vie du moine, puisque sa raison d’être est d’imiter les anges par le chant de la louange divine. […] Pour lui [Louis de Blois], la vie et la passion du Verbe incarné, les saints mystères de notre salut font la principale matière qu’il propose à notre contemplation, et en vérité, nous n’ignorons pas que si nous avons Jésus-Christ nous possédons Dieu30. À côté de L’Année liturgique, de ses ouvrages de spiritualité, de ses conférences au chapitre de Solesmes, sans oublier sa correspondance, ses lettres de direction notamment, l’Enchiridion, par le choix des textes qui le composent et la justification qu’en fait dom Guéranger dans sa Préface, est une source précieuse pour la connaissance de la spiritualité de l’abbé de Solesmes, de son enseignement sur la prière, dont l’étude reste à faire. La traduction française de la Préface, publiée ici pour la première fois, est celle proposée par dom A. Ely31, à laquelle ont été apportées de légères retouches. 1 Voir dom L. Soltner, « Un moine anglais découvre l’Année liturgique », Lettre aux Amis de Solesmes, n° 2, 1975/2, p. 15-18 ; F. Sandeman, « Laurence Shepherd, 1822-1885, Apostle of dom Guéranger », Ampleforth Journal, t. 80, 1975/3, p. 38-47 ; et sœur E. Edwards, « Dom Guéranger vu par un disciple anglais (dom Laurent Shepherd) », communication présentée au Colloque de Solesmes, en 1975, à paraître dans un recueil de Mélanges sur dom Guéranger en préparation, aux Éditions de Solesmes. 2 « Je n’étais pas plus tôt de retour de Solesmes à Bath [dom Shepherd avait fait un séjour à Solesmes en octobre 1857], que notre T[rès] R[évèrend] Père Président m’écrivit, par l’entremise d’un de nos pères, pour me demander quelle espérance pourrait avoir notre congrégation anglaise d’un Manuel ascétique bénédictin rédigé par v[otre] Paternité. Je lui répondis que vous avez l’intention de faire réimprimer le Speculum monachorum de Blosius et que vous aviez même proposé d’y unir la sainte Règle avec un court commentaire, si notre congrégation eût toujours l’idée (que je vous ai communiqué qu’elle avait) d’en faire une édition ; et que vous en soigneriez le texte. Alors, je reçus commission de demander à v[otre] Paternité quelle en serait la dépense probable pour nous. Ce que je différais faire. J’ai reçu, il y a peu de jours, une troisième lettre me sollicitant avec insistance de vous faire les demandes nécessaires. Les voici donc, mon très cher Père Abbé (Solesmes, Arch. de l’abbaye Saint-Pierre : Bath, 18 février 1858, lettre de dom Laurent Shepherd à dom Guéranger). » 3 Solesmes, Arch. de l’abbaye Sainte-Cécile : Solesmes, 26 février 1858, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 4 Voir Id. : Solesmes, 24 juillet 1858 et 9 juin 1862, lettres de dom Guéranger à dom Shepherd. 5 Solesmes, Arch. de l’abbaye Saint-Pierre : Bath, 3 novembre 1859, lettre de dom Shepherd à dom Guéranger ; Solesmes, Arch. de l’abbaye Sainte-Cécile, Solesmes, 1860 (février ou mars), lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 6 La relation que dom Shepherd a laissée de ce voyage à l’intention de mère Cécile Bruyère, quelques années après la mort de dom Guéranger, a été publiée dans la Lettre aux Amis de Solesmes, n° 7, 1976/3, p. 17-23. 7 Solesmes, Arch. de l’abbaye Saint-Pierre : Journal de dom Guéranger (novembre 1859-juillet 1863), p. 21. 8 Voir dom P. Delatte, Dom Guéranger. Abbé de Solesmes, 1984, Solesmes, Éditions de Solesmes, p. 684-685 ; et encore dom G.-M. Oury, Dom Guéranger. Moine au cœur de l’Église, 2001, Solesmes, Éditions de Solesmes, p. 345. 9 « […] la très prochaine apparition de notre Enchiridion benedictinum m’oblige à vous aviser de cet heureux événement. Les imprimeurs ont dû lasser votre patience aussi bien que la mienne ; mais quand vous allez avoir entre les mains ce joli volume, nous serons l’un et l’autre comme la femme de l’Évangile, quae non meminit pressurae, eo quod natus est homo in mundum (Solesmes, Arch. de l’abbaye Sainte-Cécile : Solesmes, 9 juin 1862, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd). » Voir aussi Id. : Solesmes, le 10 août 1862, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 10 Voir Id. : Solesmes, 10 août, 20-21 octobre 1862 et début de l’année 1863, lettres de dom Guéranger à dom Shepherd. 11 Voir Id. : Solesmes, 13 avril 1864, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 12 Solesmes, Arch. de l’abbaye Saint-Pierre. 13 Id. : Bath, 13 août 1862, lettre de dom Shepherd à dom Guéranger. 14 Id. : Bath, 8 novembre 1862 et 14 juin 1863, lettres de dom Shepherd à dom Guéranger. 15 Solesmes, Arch. de l’abbaye Sainte-Cécile : Solesmes, 17 juin 1863, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 16 Dom P. Guéranger, Enchiridion benedictinum complectens Regulam, Vitam et laudes sanctissimi occidentalium monachorum Patriarchæ accedunt Exercitia s. Gertrudis Magnæ et Blosii Speculum, Angers, Cosnier et Lachèse, 1862, Préface, p. I. 17 Ibid., p. IV et V. 18 Ibid., p. X et XI. 19 Ibid., p. XXIII-XXIV. 20 Voir note 3. 21 Sur Louis de Blois, voir l’article de dom J. de Puniet dans le Dictionnaire de spiritualité, Paris, Beauchesne, t. I, 1937, col. 1730-1738 ; et plus particulièrement sur son influence, dom L. Vos, Louis de Blois, abbé de Liessies (1506-1566). Recherches bibliographiques sur son œuvre, Turnhout, Brepols (Publication de l’Encyclopédie bénédictine, 1), 1992. 22 « […] le 16e [siècle] a [dans l’Ordre] quelque gloire littéraire de Trithême s’éteignant à Génébrard, mais peu de sainteté, sauf Louis de Blois et les martyrs anglais (Solesmes, Arch. de l’abbaye Saint-Pierre : Solesmes, 28 juillet 1852, lettre de dom Guéranger à dom Jean-Baptiste Pitra ; éd. Archives dom Guéranger, IV/4, Solesmes, 2002, p. 150). » 23 Dom P. Guéranger, Enchiridion benedictinum, op. cit., Préface, p. XXV. 24 Sur sainte Gertrude d’Helfta, son influence et les Exercices, voir l’introduction à ses Œuvres spirituelles, éd. dom J. Hourlier et dom A. Schmitt, Paris, Éditions du Cerf (coll. Sources chrétiennes, 127), t. I, 1967, p. 7-55. 25 Dom P. Guéranger, Enchiridion benedictinum, op. cit., Préface, p. XXVIII. 26 Ibid., p. XXXVI. 27 Dom P. Guéranger, Les Exercices de sainte Gertrude, vierge et abbesse de l’Ordre de Saint-Benoît, Poitiers, H. Oudin et Paris, V. Palmé, 1863, Préface, p. XXII-XXIV. 28 Voir note 14 : lettre du 14 juin 1863. 29 Solesmes, Arch. de l’abbaye Sainte-Cécile : Solesmes, 17 juin 1863, lettre de dom Guéranger à dom Shepherd. 30 Dom P. Guéranger, Enchiridion benedictinum, op. cit., Préface, p. XXVI-XXVII. 31 Dom A. Ely, L’Idéal monastique à l’école des premiers disciples de dom Guéranger. Notes biographiques, pro manuscripto, Ligugé, 1969, p. 212-224.
|





