Marie d’Agréda – 24e article

Marie d’Agréda et la Cité mystique de Dieu.

24ème article : La réaction de la cour de Madrid. Le Cardinal d’Aguirre. Ses lettres à l’Abbé de Pomponne et à Louis XIV. L’échec du cardinal pour supprimer la censure.

 

(24e article.—Voir les n°s des 23 mai, 6 et 20 juin, 18 juillet, 1 et 15 août, 12 et 26 septembre, 10 octobre, 21 novembre, 5 et 19 décembre 1858, 16 et 31 janvier, 13 février, 13 et 28 mars, 11 avril et 15 et 29 Mai, 15 juin et 18 juillet, et 7 août 1859 1 .)

 

    Les universités d’Espagne avaient ressenti vivement le défi tout à fait inattendu que semblait leur avoir jeté la Sorbonne, et elles y avaient répondu. La cour de Madrid n’était pas moins intéressée dans le débat. Pour elle, la mémoire de marie d’Agréda était sacrée ; la Servante de Dieu avait été l’amie de Philippe IV, et son conseil dans plus d’une conjoncture importante pour la monarchie espagnole ; la nation tout entière faisait ses délices de la Cité mystique ; la cause de la béatification de la Sœur était, à Rome, sous le patronage du roi Catholique, et nous avons vu que le changement de dynastie ne suspendit pas l’intérêt actif que le cabinet de Madrid mettait à cette cause : Philippe V la poussa avec autant de zèle qu’en aurait pu mettre son prédécesseur. Mais cette cause pouvait souffrir quelque défaveur, par suite de la censure parisienne. Le promoteur de la foi, toujours ardent selon son office, à rechercher et à faire valoir tous les prétextes que l’on peut opposer à la réussite d’une cause de béatification, ne manquerait pas de faire sonner bien haut la réputation de l’école de Sorbonne et la flétrissure qu’elle était censée avoir infligée à la Cité mystique.

Rome possédait alors, parmi les Cardinaux, un sujet espagnol d’une réputation presque égale à son mérite. D’Aguirre, sorti du cloître bénédictin, théologien solide, âme simple et intègre, avait connu les tentatives que des passions déplorables ourdissaient à Paris contre la Cité mystique. Nous avons vu plus haut que Bossuet avait recommandé son neveu au Cardinal ; mais celui-ci s’était montré plein de discrétion, lorsque l’envoyé de l’Évêque de Meaux avait cherché à sonder ses dispositions. Il n’en pouvait guère être autrement, dans un moment où une congrégation spéciale nommée par le Pape vaquait à l’examen de ce même livre. La prudence de D’Aguirre s’opposait d’ailleurs à ce qu’il déclarât ouvertement à l’abbé Bossuet combien lui semblait inconvenante, de la part d’une faculté de théologie qui n’est rien que par le Saint-Siège, cette prétention dans une cause que le Saint-Siège tenait à cet instant même pendante à son tribunal. Ses relations d’amitié avec l’Evêque de Meaux, si avancé dans cette malheureuse affaire, lui imposaient aussi une réserve particulière. Bossuet et D’Aguirre s’estimaient mutuellement ; ils s’envoyaient l’un à l’autre les ouvrages qu’ils publiaient. D’Aguirre, encore simple moine, avait attaqué courageusement la Déclaration de 1682, par sa Defensio Cathedræ S[ancti] Petri, qui parut à Salamanque dès 1683 ; mais Bossuet avait su rendre justice à son adversaire, et quoique divisé de sentiment avec le savant espagnol sur des points d’une si haute importance, il ne manquait aucune occasion de témoigner la haute considération que lui inspiraient sa science et son caractère.

Le Cardinal attendait donc l’issue des délibérations de la Sorbonne sur la Cité mystique. La nouvelle de la censure du livre arriva à Rome par la dépêche du nonce Delfini, et causa naturellement à D’Aguirre une impression pénible, cette censure étant à la fois un attentat contre l’honneur de la Sainte Vierge et une entreprise nouvelle contre les entreprises du Saint-Siège. Il se fût abstenu cependant de toute démonstration, dans les circonstances, si la cour d’Espagne n’eût réclamé son intervention. Mais que pouvait faire D’Aguirre ? Rome était blessée et devait l’être ; mais ce n’était pas à elle de prendre la défense d’un livre qu’elle faisait examiner à ce moment même. D’Aguirre pensa que la révocation de la censure parisienne était le seul moyen d’éclaircir la situation. Il lui sembla que Louis XIV était bien assez puissant pour venir à bout d’une faculté de théologie, et il résolut de négocier. On trouve ses lettres sur cette affaire dans le dossier romain, auquel nous avons déjà emprunté tant de renseignements précieux.

La première pièce qu’on y rencontre à ce sujet est une lettre de D’Aguirre adressée à l’Abbé de Pomponne, sous la date du 24 Mai 1698. Après avoir remercié ce personnage d’un hommage littéraire qu’il en avait reçu, le Cardinal s’exprime ainsi : « J’ai été consolé d’apprendre que M[onsieur] Du Pin n’a pas l’intention d’attaquer l’ouvrage au sujet duquel j’écrivis, dans une autre conjoncture, à Votre Seigneurie illustrissime, et j’ai lieu d’espérer que la Sorbonne elle-même arrivera bientôt à comprendre que la censure publiée contre ce même livre ne doit pas être soutenue, non-seulement parce qu’elle a été fulminée au milieu d’un tumulte, mais encore parce que les plus illustres personnages dont elle se compose n’y ont pas eu part ; d’où l’on peut inférer qu’elle a eu pour principale occasion les dissensions qui existaient à ce moment. » Plus loin, D’Aguirre ajoute ces paroles : « J’espère que le roi très chrétien, poussé par son zèle incomparable pour la défense de la justice, suggérera sous peu à cette insigne université un parti conforme à nos projets, et donnera ainsi un nouvel éclat à la gloire immortelle qu’il s’est acquise par ses actions héroïques. » D’Aguirre se faisait une grande illusion ; il ne se rendait pas compte des obstacles que son projet devait nécessairement rencontrer de la part des grands personnages compromis dans l’affaire. S’il ne se fût agi que des docteurs, nul doute que les ordres de la Cour n’eussent abondamment suffi pour amener la radiation d’une censure extorquée par l’intrigue et la violence ; mais le Roi avait une confiance illimitée dans Noailles et dans Bossuet, qui poussait ce dernier ; et il se faisait un point de conscience de suivre leur direction dans toute matière religieuse. Ce fut donc en vain que le Cardinal écrivit à Louis XIV la lettre qu’on va lire, mais qui n’en demeure pas moins l’un des documents les plus intéressants de cette époque. La voici, telle qu’elle se lit dans le dossier romain :

« Sire, la bienveillance avec laquelle Votre royale Majesté a daigné me regarder constamment, ainsi que me l’ont attesté, en plus d’une occasion, les cardinaux de Bouillon, d’Estrées et de Janson-Forbin, me donne la hardiesse de déposer cette nouvelle lettre aux pieds de votre majesté, non-seulement pour lui renouveler l’expression de mon dévouement inaltérable, mais encore pour lui donner la preuve du zèle qui m’anime pour l’accroissement de sa gloire. »

« Le roi catholique, mon souverain naturel, m’a transmis dans ces derniers mois l’ordre d’employer auprès du Saint Siège tous mes efforts possibles pour obtenir un but auquel il aspire avec une ardeur extrême. Sa Majesté me supposait instruit du désir qu’elle éprouve de pouvoir vénérer sur les autels la Vénérable Mère d’Agréda, tant pour satisfaire à sa dévotion innée envers elle que pour suivre en cela les traces de Philippe IV, son glorieux père, et pour condescendre aux supplications qui lui sont adressées par tous ses royaumes et domaines et tous ses sujets de tout état et condition. Sa Majesté me prescrivait de solliciter, en premier lieu, l’approbation de l’ouvrage qu’a laissé écrit tout entier de sa main ladite Servante de Dieu sur la Vie de la très sainte Vierge, ouvrage qui a été publié plus tard en trois volumes in-folio. »

« Afin de mettre à exécution les ordres royaux de mon souverain, que je me suis fait un devoir de servir, en tout temps, comme un très fidèle sujet, avec un amour sincère et une ponctualité inviolable, je m’appliquai aussitôt, avec tout le soin et l’empressement qui m’était possible, à l’examen le plus exact de tout le contenu des susdits livres ; et bien que toute ma vie ait été employée à l’étude, je me suis vu obligé de confesser que tout ce que j’ai pu puiser et apprendre durant cinquante années continues d’application soutenue à toutes sortes de sciences, est peu de chose, ou même rien, en comparaison de la profonde doctrine que j’ai découverte dans les susdits livres ; doctrine pleinement conforme à la Sainte-Ecriture, aux saints Pères et aux Conciles. D’où il m’a semblé que, de même qu’il est évident que nul homme mortel, si docte qu’il soit n’aurait pu naturellement suggérer et fournir à la Vénérable Mère des notions si élevées et si sublimes, on doit croire moralement et dmeurer persuadé que cette grande Servante de Dieu a écrit sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, et sous l’assistance de la très sainte Vierge ; afin que tout le monde reconnût et confessât que le bras de la toute puissance divine a seul opéré en cette Femme forte. Cette conclusion est confirmée encore par la vie sans tache qu’a toujours menée cette Servante de Dieu, par l’humilité profonde qui régla constamment toutes ses actions, par la sublimité de son esprit, la solidité de sa perfection, par toutes les vertus qu’elle a pratiquées dans un degré héroïque, par les circonstances miraculeuses de son heureux trépas, enfin par la renommée si constante et si étendue de sa sainteté ; toutes raisons qui lui ont facilité l’obtention du titre et des honneurs de Vénérable, de la part du Saint-Siège, avec l’espérance d’arriver, avec le temps, à la canonisation. »

« Nonobstant, j’ai pensé qu’il n’était pas convenable à l’union et à la parfaite intelligence qui, depuis les traité de paix si glorieusement scellés, entre les deux nations française et espagnole, que j’entreprisse une démarche quelconque en cette cour (de Rome) sur le projet en question, si d’abord on ne faisait disparaître l’obstacle survenu par suite de la trop rigoureuse censure que l’insigne Université de Sorbonne a porté contre le premier Livre de la Servante de Dieu.

« Je me suis fait un honneur, en tout temps, de louer, dans mes discours comme dans mes écrits, cette très fameuse Université qui a donné au monde tant d’écrivains célèbres, à ce très florissant royaume tant de dignes prélats, et à l’Église de Dieu de si zélés défenseurs. Ce fut pour moi, je l’avoue, un sujet de joie, lorsque je connus la censure, d’apprendre en même temps la complète irrégularité avec laquelle elle avait été fulminée, et qu’un petit nombre de docteurs, poussés même par le parti contraire, on concouru à cette œuvre, plutôt en s’unissant à une cabale que par mauvaise volonté et par adhésion à ceux qui avaient formé un dessein pervers contre les susdits livres. Il ne pouvait pas, en effet, me venir en pensée que tant de prélats, si versés en tout genre de science, célèbres également par leur piété, et qui sont l’illustration de la Sorbonne, auraient pu laisser ignorer que les susdits livres, avant d’être livrés au public, ont été durant quatorze ans entiers, l’objet d’un examen le plus rigoureux que l’on ait jamais vu de la part de la suprême Inquisition d’Espagne, et qu’après la plus exacte discussion, ils ont été approuvés par les sujets les plus distingués et les plus savants de ce royaume ; à ce point que si l’on voulait soutenir que la censure de Sorbonne est fondée, autant vaudrait flétrir et taxer d’ignorance tous ces hommes doctes, habiles dans toutes les sciences, profondément versés dans la théologie mystique et scolastique, et non moins insignes par leur piété, que la suprême Inquisition a employés à l’examen des susdits livres, et qui, après une étude et une application prolongées se sont accordés unanimement à les approuver. 

« Je me rappelle que lorsque la Congrégation du Saint-Office de Rome censura les susdits livres et en défendit la lecture, Innocent XI, de sainte mémoire, ayant compris les dangereuses conséquences qui pouvaient résulter d’une semblable prohibition, et considérant le respect fervent avec lequel tous les royaumes d’Espagne et les personnes royales considéraient et vénéraient les susdits livres ; dès les premières instances que firent auprès de lui Leurs Majestés Catholiques, et spécialement la Reine Marie-Louise de Bourbon, très digne nièce de Votre Majesté ; Sa Sainteté suspendit par un Bref spécial de la Congrégation, exprimant que celui-ci ne pouvait plus avoir de force jusqu’à une nouvelle déclaration du Saint-Siège. Or, si un pontife aussi zélé pour la justice, afin de condescendre aux instances des Princes, et aussi pour la consolation et le repos de ces royaumes, crut devoir, contre toute coutume et forme antérieure, révoquer un décret de la Congrégation des Cardinaux du Saint-Office, Congrégation qui a joui en tout temps d’une si grande autorité dans tout l’univers chrétien ; combien plus est-il raisonnable et digne de l’applaudissement de toutes les nations que la Sorbonne, après avoir examiné avec plus de maturité ladite censure, qu’elle aurait dû, à tant de titres, rejeter et ne pas reconnaître pour sienne, à raison des circonstances fâcheuses dans lesquelles elle fut entreprise, continuée et publiée ; après avoir, dis-je, réfléchi au préjudice considérable que cet acte peut causer à la nation espagnole, prenne la résolution de l’annuler en présence de motifs si urgents, et pour faire disparaître un obstacle qui pourrait retarder dans cette cour de Rome l’avancement de la cause de la Servante de Dieu.

« Que si la Sorbonne ne jugeait pas ces motifs suffisants, il me semble que l’on pourrait faire appel à des raisons majeures tirées du point de vue politique. Il est connu de tout le monde que l’instigation de cette grande Servante de Dieu a été le principe et le mobile unique qui a poussé et engagé Philippe IV, de glorieuse mémoire, nonobstant les nombreuses difficultés qui se rencontrèrent, à conclure le mariage de la sérénissime infante Marie-Thérèse, sa fille, avec votre royale majesté, mariage duquel ont résulté tant d’avantages, non seulement par la naissance du sérénissime dauphin et des trois princes royaux, sur lesquels s’appuie l’espérance du repos de l’Europe et la sécurité de la succession royale en France, mais duquel encore peuvent advenir d’autres avantages aisés à concevoir, d’après les circonstances des temps ; le Ciel semblant préparer les heureux événements que pressentent déjà les vrais amis de la tranquillité générale.

« Les choses étant donc en cet état, il me semble que, dans la conjoncture présente, Votre Majesté ne doit pas permettre que la nation espagnole reçoive un tel affront dans la susdite cause, ni que les désirs de Leurs Majestés catholiques, qui en ont tant désiré et en désirent encore si ardemment l’heureux succès, y éprouvent un déshonneur. C’est ce qui me donne la hardiesse de présenter à Votre royale Majesté mes très humbles supplications, à l’effet d’obtenir d’Elle que, pour les motifs ci-dessus énoncés, Elle daigne donner ses ordres à la Sorbonne, pour que celle-ci, après avoir mieux examiné l’affaire, annule la censure qu’elle a rendue. En cela, Votre royale Majesté imitera l’exemple de l’Empereur Constantin, qui, ayant appris la condamnation précipitée qu’avaient fulminé contre Saint Athanase les Evêques rassemblés au Concile de Tyr, leur adressa ses plaintes en ces termes : « J’ignore ce que veulent dire ces choses que vous avez traitées avec tumulte et fracas en votre Concile. Il me semble que la vérité y a été opprimée par l’audace. La divine Providence saura dissiper les maux qui ont été la suite manifeste de l’esprit de parti ; elle nous donnera à voir si, dans cette réunion, vous avez pris quelque intérêt à la vérité, et si, dans votre jugement, vous avez procédé sans partialité. C’est pourquoi je vous recommande de vous présenter tous devant moi, et de venir rendre un compte exact de votre conduite. »

« Ce sera en cette manière, je l’espère, mais avec un langage plus doux et digne de sa grandeur royale, que Votre Majesté daignera insinuer ses intentions à cette illustre université ; et celle-ci ne pourra manquer de condescendre à une aussi juste représentation, de laquelle suivra l’heureux événement dont Votre Majesté aura toute la gloire, et qui procurera à tous les sujets du Roi mon maître l’honneur de se reconnaître redevables de la grandeur de Votre Majesté, dont je baise très humblement les mains. »

– Rome, 17 juillet 1698.

    Ce document d’un si haut intérêt nous dépeint D’Aguirre tout entier. On y découvre à la fois le sujet espagnol et l’ami de la France, le savant candide et modeste, plus peut-être que l’habile diplomate. Le lecteur y verra avec intérêt la preuve de l’assertion qu’il a lue en tête de ce travail, relativement aux influences toutes françaises de Marie d’Agréda auprès de Philippe IV. Le Cardinal ne craint pas de rappeler à Louis XIV que c’est à la Servante de Dieu qu’il fut redevable de son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche, et bientôt, par une suite nécessaire, quoique tardive, du testament de Charles II, qui allait appeler la maison de France à recueillir la riche succession des rois d’Espagne. De tels titres recommandaient, ce semble, la France à la mémoire de Marie d’Agréda ; loin de là, elle n’a guère reçu de notre part que des outrages. Dans presque tous nos livres imprimés depuis 1696, c’est un chorus de diatribes et d’épithètes méprisantes copiées les unes sur les autres, en sorte qu’il nous a fallu peut-être quelque courage pour oser relever un nom si décrié en ce pays. Daigne, du haut du ciel, l’héroïque Servante de Dieu pardonner à ceux qui l’outragent, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, et conserver encore à la France quelque chose de cette affection qu’elle nourrissait pour elle, lorsque, pauvre religieuse ignorée, elle vivait, prophétisait et mourait au fond d’un des plus obscurs couvents d’une des plus humbles villes de l’Espagne.

    Il n’est pas besoin, sans doute d’ajouter ici que les instances de D’Aguirre, pour la révocation de l’injuste censure de Sorbonne, ne réussirent pas plus auprès de Louis XIV que n’avaient réussi celles du nonce Delfini pour arrêter le complot dont elle fut la suite. Le Prince se conduisait à ce moment, dans les questions religieuses, par les influences de Noailles, et Noailles était gouverné par Bossuet. C’était le 17e finissant. Quelques années plus tard, Philippe V, sur le trône d’Espagne, acceptait avec la couronne le patronage de la Sœur auprès du Saint-Siège. En France, le docteur Hideux triomphait, avec son digne acolyte Baillet ; l’impulsion donnée se continuait, et allait bientôt anéantir jusque dans la liturgie les formes séculaires du culte de la Mère de Dieu.

    Le lecteur aura remarqué dans la lettre de D’Aguirre le jugement d’un si savant homme sur la valeur doctrinale de la Cité mystique. Je ne m’arrêterai pas à le commenter. On se rappelle que, selon Bossuet ce livre est une impetinence impie ; selon D’Aguirre, son orthodoxie est complète, et sa profondeur au-dessus du génie humain. Il faut reconnaître ici, comme sur la Déclaration de 1682, qu’un dissentiment profond a parfois divisé ces deux grands hommes. Qu’il nous soit du moins permis, à nous autres, de conclure que l’impertinence impie du livre de Marie d’Agréda n’est pas évidente, et continuons de le lire, puisque l’Église en a permis la circulation et l’usage.

D[om] P[rosper] Guéranger.

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