Eglise et politique
Dom Guéranger est un défenseur intrépide de la liberté de l’Eglise face aux prétentions des gouvernements qui désirent d’immiscer dans son fonctionnement et sa pastorale.

De l’élection et la nomination des évêques
Si une égale liberté est laissée à chaque individu de professer, comme il l’entend, ses croyances religieuses, pourquoi les catholiques souffriront-ils plus longtemps qu’on viole pour eux seuls, l’impartialité observée à l’égard des cultes dissidents ! L’heure n’était-elle pas venue de rappeler le dernier article du Concordat de 1801 ? Aux termes de cet article, les droits et prérogatives concédés par le Pape, et la nomination des évêques devaient être réglés par une nouvelle convention dans le cas où quelqu’un des successeurs du premier Consul ne serait pas catholique. Or sous le régime de la charte de 1830, la religion d’État n’existant plus, et d’ailleurs, les garanties de l’orthodoxie du gouvernement faisant sérieusement défaut, que devenait, que devait devenir la question de l’élection des évêques, envisagée du côté du Saint-Siège dans ses rapports avec ce nouvel état des choses ? Qui nommera les évêques ? Sera-ce un gouvernement légalement sans religion, dont le chef et les membres peuvent être hérétiques, musulmans ou athées ? Et quels évêques choisira-t-on ?

De la prière pour le roi
Prosper Guéranger, qui, à la mort de Mgr de la Myre, avait été nommé prêtre administrateur de la paroisse des Missions étrangères, résilia ces fonctions vers la fin de l’année 1830. II quitta définitivement Paris et rentra au Mans. II publia dans les derniers jours du mois d’octobre deux articles sur la Prière pour le Roi. S’appuyant sur l’Écriture Sainte interprétée par la Tradition, puisant aux meilleures sources liturgiques, l’auteur examine s’il y a pour l’Église obligation de prier pour les gouvernements. ll insiste sur le sens et sur la nature de cette obligation. En mettant la question dans son véritable jour, il combat les préjugés et les répugnances de ceux qui, défigurant la doctrine, s’obstinaient à voir dans cette prière la reconnaissance d’un droit politique.
