Léon XIV à Barcelone : sur La Sagrada Familia, Gaudi et Dom Guéranger

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The Basilica of the Sagrada Familia and the Influence of Dom Guéranger, Founder of Solesmes, on Gaud…

Le fil invisible qui relie Dom Guéranger et Antoni Gaudí

https://sagradafamilia.org/en/antoni-gaudi-humanism-and-spirituality

Sagrada Familia: The Liturgical Vision of Gaudí Rooted in Dom Guéranger’s Spiritual Revolution – Gau…

https://www.famillechretienne.fr/47238/article/la-sagrada-familia-une-extraordinaire-catechese-sculptee-dans-la-pierre

La basilique de la Sagrada Familia et l’influence de Dom Guéranger, fondateur de Solesmes, sur Gaudí

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Sagrada Familia À Barcelone, Œuvre D’Antoni Gaudí (1852-1926) © Domaine Public

Le pape Léon inaugurera et bénira la tour de Jésus-Christ de la Sagrada Familia le 10 juin JUIN 08, 2026 19:13 par Maxime François-Marsal

La visite du pape Léon XIV à Barcelone le 10 juin prochain, au cours de laquelle il inaugurera et bénira la tour de Jésus Christ de la Sagrada Familia, réveille une évidence : la célèbre basilique n’est pas seulement une attraction touristique, c’est un catéchisme de pierre. Si le génie de Gaudí est universellement salué, ses racines spirituelles plongent en grande partie dans le renouveau liturgique initié en France, au cœur de l’abbaye de Solesmes. De fait, pour le père Francesc Xavier Vila Morera, qui termine actuellement un doctorat sur l´oeuvre de Gaudí, la Sagrada Família est une explication magistrale de la liturgie : elle n’est rien d’autre que L’Année liturgique sculptée dans la pierre.

Vivre la foi : la rupture de Dom Guéranger avec son époque

Au XIXe siècle, la pratique religieuse est marquée par une piété très individualiste, héritée de courants anciens comme la Devotio moderna. La prière est alors vécue comme une démarche purement intime et subjective. Pour la majorité des fidèles, la liturgie officielle de l’Église est perçue comme un spectacle sacré ou une simple formalité extérieure, totalement déconnectée de leur vie spirituelle personnelle. Dom Prosper Guéranger va briser ce modèle. Pour lui, il n’y a aucune opposition entre la contemplation solitaire et la prière publique de l’Église. Contre l’individualisme de son temps, il propose une voie communautaire. Son but ? Permettre aux laïcs de redécouvrir la liturgie comme la source première et indispensable de leur vie chrétienne, afin qu’ils s’y investissent pleinement et consciemment.

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« L’Année liturgique » : le best-seller qui réveilla l’Europe Pour mener ce combat,

Dom Guéranger publie entre 1841 et 1866 son chef-d’œuvre : L’Année liturgique. Cette encyclopédie monumentale de 15 volumes (dont les 6 derniers furent achevés par son disciple Dom Lucien Fromage dans le respect rigoureux de sa pensée) propose de suivre quotidiennement les textes de l’Église pour se laisser transformer par le Christ au fil des saisons mystiques. Le succès est foudroyant. En l’espace de soixante ans, près de 500 000 exemplaires sont vendus rien qu’en France. Traduit dans la quasi-totalité des langues européennes, de l’espagnol au latin en passant par l’anglais et l’allemand, l’ouvrage devient la référence absolue jusqu’au milieu du XXe siècle. Il faut dire que Dom Guéranger revenait de loin. La liturgie subissait alors les assauts du rationalisme et des dérives locales (le gallicanisme et le jansénisme), qui avaient poussé de nombreux diocèses français à inventer leurs propres missels, vidant les célébrations de leur sens du mystère et de leur symbolisme. En se battant pour le retour au rite romain unifié, Dom Guéranger a rappelé qu’on ne peut pas comprendre l’Église sans comprendre sa liturgie.

Le fil secret entre Solesmes et Barcelone

Le chœur, l’autel, le ciborium et la coupole de la Sagrada Familia © Domaine public Comment ce trésor spirituel est-il arrivé entre les mains d’Antoni Gaudí ? Le lien s’appelle Monseigneur Joan Baptista Grau i Vallespinós. Cet évêque d’Astorga, originaire de Reus comme Gaudí, devient le mentor de l’architecte. Entre 1889 et 1892, c’est lui qui initie Gaudí au symbolisme sacré et lui fait découvrir L’Année liturgique. L’impact sur l’architecte sera définitif. Gaudí ne s’est pas contenté d’une foi superficielle ou sentimentale ; il a dévoré ces textes. Aujourd’hui, comme l’affirme le père Francesc Xavier, personne ne nie que la Sagrada Família s’inspire directement de l’œuvre de Prosper Guéranger: l’influence est si fusionnelle que la Sagrada Família est, spirituellement, la fille de Dom Guéranger. D’ailleurs, cette encyclopédie en 15 volumes était devenue le livre de chevet incontournable de Gaudí. Le premier chapelain de la Sagrada Família, Mossèn Gil Parés, a témoigné qu’on voyait constamment Gaudí prier à genoux dans la crypte, un livre de liturgie pure à la main. Parmi ses lectures quotidiennes, les volumes de Dom Guéranger affichaient des couvertures usées et polies par le contact répété de ses mains.

La Sagrada Família : l’Apocalypse gravée dans la pierre

Cette complicité spirituelle entre le moine et l’architecte culmine dans leur fascination commune pour le livre de l’Apocalypse. Dom Guéranger y voyait le modèle de la liturgie céleste, citant ce texte des dizaines de fois pour expliquer que nos messes terrestres sont le miroir de l’adoration des anges. Pour lui, les grandes cathédrales médiévales étaient une « ecclésiologie en pierre ». Gaudí a appliqué cette vision à la lettre. Comme le souligne le théologien Armand Puig, la Sagrada Família est pensée comme la Nouvelle Jérusalem. La façade de la Gloire en est l’exemple parfait : sa structure verticale raconte toute l’histoire du salut. À la base : Le monde d’en bas, les réalités terrestres, le travail de l’homme et les alliances bibliques. Au centre : Le passage purificateur du purgatoire. Au sommet : La béatitude éternelle présidée par le Christ, entouré des saints et des anges, culminant avec la représentation du Saint-Esprit et du Père céleste, directement inspirée des visions de l’Apocalypse.

Un héritage vivant : vers la reconnaissance universelle

L’empreinte spirituelle de Dom Guéranger dépasse de loin les frontières du XIXe siècle et les flèches de la Sagrada Família. Aujourd’hui, l’Église reconnaît l’actualité de son message : sa cause de canonisation est officiellement en cours. Pour les spécialistes, il ne fait aucun doute qu’en raison de son apport inestimable au culte divin, le restaurateur de Solesmes sera un jour proclamé « Docteur de l’Église orante ». Mais l’œuvre du moine ne se résume pas qu’à ses écrits sur la liturgie. L’association qui œuvre activement pour sa canonisation s’efforce de mettre l’accent sur ses nombreuses autres vertus et mérites. Plus d’information disponible sur www.domgueranger.net.

Conclusion :

La liturgie comme mesure de la foi Bien avant que le Concile Vatican II ne vienne moderniser l’accès aux rites, Dom Guéranger avait compris que la liturgie ne pouvait pas rester le domaine réservé des clercs et des moines, réduit à une simple exécution mécanique de gestes valides. En ce sens, la Sagrada Família apparaît comme une œuvre hautement prophétique : elle anticipe de près de cinquante ans les grandes intuitions du Concile Vatican II sur la participation active des fidèles et la centralité de la liturgie. Pour le chrétien d’aujourd’hui, le projet fou de Gaudí et l’œuvre de Dom Guéranger laissent un héritage bousculant. Ils nous rappellent que la foi ne se vit pas seul dans son coin, mais qu’elle se nourrit et se mesure à la beauté de la prière commune. C’est le sens profond du vieil adage ecclésial : « Lex orandi, lex credendi » — la manière dont l’Église prie fixe la manière dont elle croit. En contemplant les flèches de la Sagrada Família, le visiteur moderne est invité à faire de sa propre vie une liturgie vivante.

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La Sagrada Familia a achevé la tour dédiée à Jésus-Christ avec la mise en place de la partie supérieure de la croix le 20 février dernier © Archidiocèse de Barcelone

La basilique de la Sagrada Familia et l’influence de Dom Guéranger, fondateur de Solesmes, sur Gaudí | ZENIT – Français

Dom Geoffroy Kemlin : “Et si la querelle liturgique était dépassée ?”

https://fr.aleteia.org/2026/03/30/dom-geoffroy-kemlin-et-si-la-querelle-liturgique-etait-depassee

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Fred de Noyelle / Godong

Jean-Étienne Rime – publié le 30/03/26

Renouant avec l’œuvre du fondateur de l’abbaye de Solesmes, dom Guéranger, l’actuel père abbé de Solesmes, dom Geoffroy Kemlin, a proposé au pape Léon XIV des options concrètes pour faire grandir l’unité liturgique entre les chrétiens attachés aux deux formes du rite romain. Il a expliqué à notre chroniqueur Jean-Étienne Rime le sens de sa démarche.

Le père abbé de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes, dom Geoffroy Kemlin, a eu l’audace d’écrire au pape Léon pour aborder un sujet de grande souffrance dans l’Église : la querelle liturgique, qui trouble et divise les fidèles en France et ailleurs. Depuis plus de soixante ans maintenant, le choix d’un missel ou d’un autre fait débat, crée des tensions et va à l’encontre de l’unité et la joie dans l’Église.

Reprendre l’œuvre de l’unité

Pourquoi écrire cette lettre maintenant ? Tout est parti d’une cérémonie pour les 125 ans de la consécration de l’église de l’abbaye bénédictine de Saint-Anselme, le 11 novembre 2025 à Rome. Le père abbé primat des bénédictins, dom Jeremias Schröder, avait invité le Pape, et celui-ci est venu. Dom Kemlin concélèbre ce jour-là et lorsqu’il est présenté au Pape, celui-ci lui dit : « Ah, Solesmes ! » Cela émeut le père abbé : « J’ai été profondément touché par un regard bienveillant et j’ai senti le besoin de lui dire ce que j’avais dans le cœur : il faut que je parle au Saint-Père de la souffrance de la division. » L’abbé réagit dans la tradition de Solesmes dont le fondateur, dom Guéranger, a toute sa vie œuvré pour l’unité liturgique dans ce XIXe siècle où chaque diocèse avait son propre missel. Son action a permis d’imposer le missel romain en France et ce fut fructueux. Reprendre l’œuvre du fondateur apparaît comme une nécessité, une urgence même tant les divisions créent de la souffrance.

Quelles avancées concrètes ?

Dans sa lettre au Pape, Dom Kemlin constate : « Une solution consisterait à retoucher l’Ordo Missæ du missel de Paul VI, pour le rendre plus semblable à l’ancien Ordo Missæ… [mais] cela mécontenterait tout le monde, et ne ferait que créer de nouvelles divisions, avec le risque d’avoir non pas deux, mais trois missels. » Il poursuit :

« Je souhaiterais vous suggérer respectueusement une autre solution qui pourrait, à mon avis, réaliser la paix liturgique que nous désirons tant. Ce serait tout simplement d’insérer dans le Missale romanum l’ancien Ordo Missæ […] tout en y laissant le nouvel Ordo Missæ inchangé. Les deux Ordos Missæ feraient ainsi partie de l’unique Missel romain. Au lieu de diviser et de rejeter, cette solution permettrait d’inclure et d’accueillir les fidèles attachés à l’ancien Missel, sans pour autant heurter ou éloigner ceux qui sont attachés au nouvel Ordo. »

Pour prendre un exemple, on retrouverait les prières au bas de l’autel du missel ancien tout en ayant les quatre prières eucharistiques du nouveau missel et chacun se retrouverait. Un bricolage, disent certains, une solution médiane et donc médiocre pour d’autres. Que ceux-là regardent l’essentiel et non les détails et cet essentiel est de cesser les souffrances internes pour réunir dans la charité et l’espérance. La démarche de dom Kemlin est claire : « Il faut embrasser largement, ne frustrer personne, retrouver nos racines et que tous se sentent bien dans l’Église, transformer la souffrance et la division en joie de prier ensemble, évangéliser ensemble. » Et c’est possible aujourd’hui et voilà pourquoi.

Le chemin du Christ qui guérit et rassemble

Le Christ guérisseur nous montre le chemin. Il prend soin des corps, il prend soin des âmes et à son image, l’Église accueille les malades, les faibles, les pécheurs. Nous en avons un signe d’actualité avec les 21.000 catéchumènes baptisés dans la prochaine nuit de Pâques : ils obtiennent la guérison et regardent le visage du Christ, ils sont loin des divisions. Face à un tel message d’espérance, pouvons-nous rester terrés dans nos tranchées ? Il faut avoir le courage d’aborder cette question douloureuse pour rechercher la guérison.

Le Christ rassemble. Caïphe prophétise que « Jésus allait mourir pour la nation et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11-45). Benoît XVI lui prenait l’image d’une église dans laquelle se trouvent plusieurs chapelles unies dans une seule église et le Pape François comparait Église à un polyèdre à multiples facettes et non une sphère unie pour former un même ensemble. Peut-on ignorer cette impérieuse nécessité de réunir, de rassembler à l’image du Christ, en valorisant les différences à l’instar des disciples dont les caractères étaient très dissemblables mais ils étaient tous unis à Jésus.

À l’écoute du peuple de Dieu

Il est temps d’agir aujourd’hui. Certes, les générations plus anciennes, souvent arcboutées sur leurs convictions auront du mal à faire un pas, qu’elles préfèrent le missel ancien ou celui de Paul VI, mais les plus jeunes n’ont pas connu ces querelles.  Ils marchent vers Chartres avec Notre-Dame de Chrétienté, louent dans une communauté charismatique et assistent à la messe dominicale dans leur paroisse. Ils veulent prier, affirmer leur foi, évangéliser, ensemble. Ils sont ouverts à l’unité. Ils sont bien loin des querelles, écoutons-les. Il faut aussi porter notre regard vers les milieux populaires. Ces derniers demandent une belle liturgie, ils reprennent ce qui est beau dans un missel ou un autre. Il suffit d’aller à la messe dans une paroisse des quartiers, celles dont on ne parle pas et qui sont si vivantes, pour être surpris par la beauté de la liturgie. Elles sont bien loin des querelles, écoutons-les. Écoutons le peuple de Dieu. Réunissons le peuple de Dieu. Dom Geoffroy Kemlin a de l’audace : il fait preuve de clairvoyance et d’espérance en posant la question de l’unité liturgique dans le contexte actuel d’une Église jeune et centrée sur l’image du Christ.

« Il retrouve l’influence qu’il aurait dû avoir » : quel bilan pour l’année jubilaire de Dom Guéranger à Solesmes ?

https://www.ouest-france.fr/societe/religions/il-retrouve-linfluence-quil-aurait-du-avoir-quel-bilan-pour-lannee-jubilaire-de-dom-gueranger-a-solesmes-7c7cc34c-ea29-11f0-9e1f-244d7f5629f7

Durant toute l’année 2025, l’abbaye de Solesmes a célébré les 150 ans de la mort de Dom Guéranger qui avait restauré l’ordre bénédictin, à l’abbaye de Solesmes, non loin de Sablé-sur-Sarthe, en 1833. Cette année jubilaire devrait connaître une suite, alors que les démarches pour faire béatifier Dom Guéranger sont toujours en cours.

Un portrait de Dom Guéranger à l’abbaye de Solesmes.
Un portrait de Dom Guéranger à l’abbaye de Solesmes. | ABBAYE DE SOLESMES

Ouest-France Stéphane BOIS.Publié le 19/01/2026 à 08h36

« Je ne pensais pas que cette prise de conscience autour de Dom Guéranger aurait été aussi rapide. » En dressant le bilan de l’année jubilaire consacrée en 2025 au fondateur de l’abbaye de Solesmes et au restaurateur de l’ordre bénédictin, le Père Guilmard était plus que satisfait. « Cette année a été très féconde. Elle a commencé par une lettre du pape François puis il y a eu des colloques, des publications », relate le Bénédictin.

« C’est une fierté » : elle incarne le rôle de son aïeule, première mère abbesse de l’abbaye Sainte-Cécile de Solesmes

https://www.ouest-france.fr/culture/arts/theatre/cest-une-fierte-elle-incarne-le-role-de-son-aieule-premiere-mere-abbesse-de-labbaye-sainte-cecile-de-solesmes-d3a848e8-cd15-11f0-9f92-1f1697d8d1ab

Hermine de Russé, étudiante, fait partie de la distribution de la pièce consacrée à la vie de Dom Guéranger, refondateur de l’ordre bénédictin en France, jouée ce dimanche 30 novembre 2025 à Sablé-sur-Sarthe. La comédienne amateur tient un rôle tout en symbole : elle incarne son ancêtre la mère abbesse Cécile Bruyère.

Hermine de Russé participe à la pièce consacrée à la vie de Dom Guéranger jouée sur la scène Joël-Le Theule, ce dimanche 30 novembre 2025, à Sablé-sur-Sarthe.
Hermine de Russé participe à la pièce consacrée à la vie de Dom Guéranger jouée sur la scène Joël-Le Theule, ce dimanche 30 novembre 2025, à Sablé-sur-Sarthe. | OUEST-FRANCE

Ouest-FranceTony Fabri.Publié le 29/11/2025 à 19h54 Lire plus tard Partager

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C’est une histoire dans l’histoire. Hermine de Russé, comédienne de la troupe amateur qui porte la pièce consacrée à la vie de Dom Guéranger (1805-1875), jouée ce dimanche 30 novembre 2025 à Sablé-sur-Sarthe, est une descendante de Cécile Bruyère, illustre contemporaine du refondateur de l’abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France. Mieux encore : Hermine incarne le rôle de sa lointaine tante (1845-1909).

« C’était la sœur de mon arrière-arrière-arrière grand-mère. Dans la famille, on l’appelle tante l’abbesse. Mais son vrai prénom, c’est Jeanne-Henriette. À l’époque, elle était…

Une pièce hommage au fondateur de l’abbaye de Solesmes sera jouée dans cette ville de la Sarthe

La pièce « Dom Guéranger, Moments d’une vie » sera jouée, ce dimanche 30 novembre 2025, dans cette ville de la Sarthe.  ReligionSpectacles

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Dom Guéranger pièce de théâtre
La pièce retrace les étapes importantes de la restauration de l’ordre bénédictin en France et de la naissance de l’abbaye de Solesmes. ©Les Nouvelles de Sablé

Par Rédaction Sablé Publié le 29 nov. 2025 à 10h13

Une semaine tout juste après une première représentation dans la basilique des rois de France à Saint-Denis, la pièce Dom Guéranger, Moments d’une vie écrite par le Sabolien Yves Vouteau et mise en scène par Jean-Emmanuel Coudert, sera jouée, ce dimanche 30 novembre 2025, sur la scène Joël-le-Theule de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). 

Une quarantaine de comédiens se sont lancés dans l’aventure un peu avant l’été. Maxime Ully, pour le rôle principal du fondateur de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes ; des Saboliens, Solesmiens, Juignéens interprètent des rôles de moines, d’autres adultes, jeunes et enfants de la région et d’un peu plus loin tiennent des rôles moins importants, voire de simple figuration.

Une pièce dédiée à Dom Guéranger, un Sabolien futur saint ?

https://actu.fr/pays-de-la-loire/sable-sur-sarthe_72264/une-piece-hommage-au-fondateur-de-labbaye-de-solesmes-sera-jouee-dans-cette-ville-de-la-sarthe_63507019.html

À travers des tableaux très variés, en un peu plus de deux heures et demie, Yves Vouteau a réussi le tour de force d’encapsuler des étapes importantes de la vie de Prosper Guéranger, pour qui l’Église catholique a ouvert un procès dans la perspective de l’ajouter à la liste de ses Saints.

« Raconter la vie d’un moine, c’est très particulier, nous racontait ce professeur de lettres au lycée de Sablé-sur-Sarthe, il y a quelques mois, en dévoilant son projet. En principe, il n’y a rien à raconter parce qu’un moine vit dans l’intemporel, donc le non-narratif et le non- théâtral. »

Donner vie au texte

C’était sans compter sur le talent de Jean-Emmanuel Coudert, jeune metteur en scène parisien et connaissance de l’enseignant. Il a su donner vie au texte et rendre la pièce attractive malgré sa longueur.

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« C’est très enrichissant pour un metteur en scène de faire travailler autant de comédiens avec des profils si divers. L’autre défi, c’est de donner du volume à un texte plutôt spirituel. Il m’a fallu trouver des moyens pour y mettre de la vie, sans pour autant lui faire perdre sa substance. »

Le résultat est surprenant. Dans des costumes d’époque, c’est-à-dire du XIXe siècle, et des coules prêtées par les bénédictins de Solesmes, les comédiens plongent les spectateurs dans une fresque unique, à la fois historique et humaine.

D’autant plus unique que, pour le moment, aucune autre représentation n’est programmée à la suite de celle de Sablé ce dimanche.

Pratique Théâtre. Dom Guéranger, moments d’une vie. Dimanche 30 à 14 h 30. Salle Joël-le-Theule à Sablé-sur-Sarthe. 15 € pour les adultes, 20 € par couple, 10 € avant 18 ans. Conseillée à partir de 16 ans. Garderie prévue sur place. Réservations sur Helloasso. Billetterie sur place.

« Son énergie était difficile à canaliser » : ils jouent Dom Guéranger au théâtre

Le Maine libre https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/sable-sur-sarthe-72300/son-energie-etait-difficile-a-canaliser-ils-jouent-dom-gueranger-au-theatre-3d8680c4-cb66-11f0-8e72-0bb15ba0f998

La pièce « Dom Guéranger, moments d’une vie » sera jouée à Sablé-sur-Sarthe le dimanche 30 novembre 2025. L’auteur est un enseignant sabolien et les comédiens, des habitants du Sud Sarthe.

Lors de la répétition générale, à l’église de La Flèche le 11 novembre. Émilie Martin est en bleu.
Lors de la répétition générale, à l’église de La Flèche le 11 novembre. Émilie Martin est en bleu. | LE MAINE LIBRE

Le Maine Libre Propos recueillis par Sophie Noucher. Publié le 28/11/2025 à 08h36

La pièce « Dom Guéranger, moments d’une vie », écrite par Yves Vouteau, enseignant au lycée Raphaël-Elizé de Sablé-sur-Sarthe, dévoile le caractère de l’homme derrière la vie du moine. Le metteur en scène Jean-Emmanuel Coudert et les comédiens Maxime Ully (qui joue le rôle-titre) et Émilie Martin (la comtesse Sophie Swetchine) nous en disent quelques mots.

Le Maine Libre : Yves Vouteau insiste sur la « grande humanité » de Dom Guéranger, notamment sur son sens de l’humour. Comment l’avez-vous traduite dans la mise en scène ?

Jean-Emmanuel Coudert : « C’est l’exercice du théâtre que d’incarner Dom Guéranger, qu’il ne soit plus un nom dans un livre mais que la pièce le rende plus humain, plus proche de nous. Tout en restant très respectueux, nous avons voulu montrer toute l’énergie qui l’animait. Les…

Aleteia : “Pour Dom Guéranger servir la liturgie, c’est servir l’Église”

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Moine de l’abbaye de Solesmes.

Laure-Anne Marxuach – publié le 21/11/25

Un siècle et demi après sa disparition, Dom Guéranger reste l’une des grandes voix de la liturgie. Moine de l’abbaye de Solesmes, Dom Guilmard explique à Aleteia pourquoi son enseignement demeure vivant et comment il peut encore guider la prière des chrétiens aujourd’hui.

Les Journées diocésaines de la jeunesse de Saint-Denis coïncident cette année avec le 150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger, restaurateur de la vie bénédictine en France et dont le procès de béatification est en cours. Une occasion à ne pas manquer pour le diocèse qui a décidé d’organiser, pour l’occasion, un week-end spécial les 22 et 23 novembre à la basilique-cathédrale de Saint-Denis afin de faire découvrir son enseignement et son charisme. Dom Guilmard, moine de Solesmes, détaille pour Aleteia en quoi l’œuvre de Dom Guéranger continue d’inspirer et d’éclairer la prière de l’Église. 

Aleteia : Qui était Dom Guéranger, en quelques mots, pour ceux qui le connaissent mal ?
Dom Guilmard : Dom Guéranger, né en 1805 et mort en 1875, est la figure qui a restauré la vie bénédictine masculine en France après la Révolution, qui avait dispersé les moines. C’était un homme profondément attaché à l’Église, ayant consacré sa vie à la servir sous diverses formes. D’abord, il s’est appliqué à rassembler tout ce que l’on savait sur la place du pape dans l’Église. […] Puis, assez vite, il s’est engagé dans un vaste travail liturgique pour encourager l’adoption du rite romain dans toutes les églises de France, car beaucoup de diocèses, lorsqu’il est devenu prêtre vers 1827, suivaient encore des liturgies parfois éloignées de celle du Saint-Siège. En 1833, à 28 ans, il entre dans la vie monastique bénédictine (NDLR : et refonde l’abbaye de Solesmes) et c’est sur cette base monastique qu’il accomplira ensuite toute son œuvre.

Ce qui a toujours guidé Dom Guéranger, c’est son amour de l’Église !

Quel est, à vos yeux, l’apport essentiel de Dom Guéranger à l’Église ?
Ce qui a toujours guidé Dom Guéranger, c’est son amour de l’Église ! À travers cela, il a servi le Saint-Siège, le Pape, et la liturgie, car la liturgie est la prière de l’Église. En servant la liturgie, Dom Guéranger sert donc l’Église qui prie… Ainsi l’un de ses plus grands travaux est bien sûr l’année liturgique. Un travail titanesque qu’il entreprit volume par volume, 15 au total. C’était pour permettre aux prêtres et aux laïcs de suivre la liturgie quotidienne tout au long de l’année, dans le cycle liturgique, y compris les Laudes, les Vêpres et la messe bien sûr. Il est ainsi le précurseur de tous les livres que nous connaissons aujourd’hui, comme MagnificatPrions en Église, ainsi que des missels et guides liturgiques. […] Mais Dom Guéranger a également beaucoup œuvré pour la fête du Sacré-Cœur, afin qu’elle soit célébrée dans le monde entier.

En quoi son œuvre reste pertinente au XXIe siècle ?
Dom Guéranger place avant tout la prière de l’Église. L’Église est notre mère, et comme elle prie, nous sommes appelés à prier avec elle. Le pape François a souvent rappelé qu’on apprend à prier sur les genoux de sa mère… et, d’une autre manière, nous apprenons à prier avec l’Église, notre Mère. C’est un point central et toujours très actuel. Depuis le Concile, on a beaucoup insisté sur la participation active, notamment à la messe. Certes, il faut participer, mais la perspective de Dom Guéranger est encore plus vaste : il nous invite à prier avec l’Église, notre Mère, l’Église du monde entier. […] C’est une perspective beaucoup plus universelle et plus décentrée de soi-même.

Comment au quotidien pourrait-on suivre les enseignements de Dom Guéranger ?
Il y a plein de moyens ! On peut notamment réciter, en privé ou en groupe, par exemple avec des amis, les Vêpres ou les Complies. C’est une belle démarche que l’on peut pratiquer seul, en couple ou en famille. Pendant la pandémie de Covid, certains groupes chantaient les Vêpres ensemble à distance. Des personnes qui se connaissaient peu, voire pas du tout, récitaient régulièrement les Vêpres ou les Laudes. C’est un bel exemple pour marcher dans les pas de Dom Guéranger. Cette pratique de faire Église ensemble est très actuelle des initiatives existent déjà et on peut encore les élargir.

Pratique

Week-end du chant grégorien
22-23 novembre 2025
Basilique-cathédrale Saint-Denis

 OUEST-FRANCE : « On peut devenir saint en venant de Sablé » : une pièce de théâtre raconte la vie du moine bénédictin Dom Guéranger

https://www.ouest-france.fr/culture/arts/theatre/on-peut-devenir-saint-en-venant-de-sable-une-piece-de-theatre-raconte-la-vie-de-dom-gueranger-une-figure-locale-3ae26c2e-a772-11f0-aa8e-e39f42e4d309

En écho aux 150 ans de la mort de Dom Guéranger, une troupe d’acteurs locaux bénévoles prépare une pièce retraçant l’itinéraire de celui qui a relancé l’activité monastique à l’abbaye de Solesmes et contribué à la restauration du chant grégorien. Deux représentations sont prévues à la fin du mois de novembre 2025, à Paris et Sablé.

À l’occasion du 150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger, une troupe de théâtre (ici lors d’une répétition salle Théophile-Plé à Sablé-sur-Sarthe, dimanche 12 octobre 2025) raconte la vie du moine. Assis en bas à droite : Jean-Emmanuel Coudert, metteur en scène, et Yves Vouteau, auteur de la pièce.
À l’occasion du 150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger, une troupe de théâtre (ici lors d’une répétition salle Théophile-Plé à Sablé-sur-Sarthe, dimanche 12 octobre 2025) raconte la vie du moine. Assis en bas à droite : Jean-Emmanuel Coudert, metteur en scène, et Yves Vouteau, auteur de la pièce. |

Jérôme LOURDAIS.Publié le 11/11/2025 à 07h31

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Une com­pa­gnie éphé­mère monte une pièce sur Dom Gué­ran­ger

https://www.pressreader.com/france/les-nouvelles-l-echo-flechois-fl/20251106/281668261231667

Une ving­taine de comé­diens ori­gi­naires de Sablé et ses envi­rons tra­vaillent d’arrache-pied pour créer une pièce sur le fon­da­teur de l’abbaye de Solesmes.

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Les Nouvelles – L’Echo Flechois (FL)

06 Novembre 2025

Yves Vou­teau, ensei­gnant Sabo­lien et auteur de Dom Gué­ran­ger, Moments d’une Vie, le recon­naît « ce pro­jet est un pari un peu fou par sa durée, le nombre de comé­diens et d’inter­ve­nants.

VIDÉO. Pour la première fois en 15 ans, la cathédrale du Mans accueille les moines de Solesmes

Le Maine Libre Publié le 18/10/2025 à 11h41 https://www.ouest-france.fr/societe/religions/video-pour-la-premiere-fois-en-15-ans-la-cathedrale-du-mans-accueille-les-moines-de-solesmes-fc66d7d1-ed1f-43a2-b232-49bed0692fde

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Ce samedi 18 octobre 2025, la cathédrale du Mans accueille une messe rare. Des moines bénédictins de l’abbaye de Solesmes viennent célébrer le 150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger, refondateur de leur abbaye.

Une trentaine de moines bénédictins de l’abbaye de Solesmes sont rassemblés exceptionnellement à la cathédrale Saint-Julien pour célébrer le 150e anniversaire du décès de Dom Guéranger, restaurateur de la vie bénédictine en France.

Cela fait quinze ans que les moines n’étaient pas venus en ce lieu. L’événement, organisé ce samedi 18 octobre 2025, marque l’ouverture d’une journée consacrée à la mémoire du premier abbé de Solesmes.

+ ENTRETIEN. « Une année vivifiante » : l’abbaye de Solesmes célèbre Dom Guéranger

Un moment rare

La célébration réunie de nombreux fidèles et curieux, venus assister à une messe portée par le chant grégorien dans le cadre solennel de la cathédrale du Mans. Une occasion pour les moines de partager leur tradition séculaire en dehors des murs de l’abbaye. Un moment rare, empreint de recueillement et de tradition, qui s’inscrit dans un programme plus large de conférences et de rencontres autour de la vie et de l’œuvre de Dom Guéranger.

Une journée au Mans consacrée à Dom Guéranger fondateur de l’abbaye de Solesmes

Le Maine Libre Publié le 06/10/2025 à 10h12 https://www.ouest-france.fr/societe/religions/une-journee-au-mans-consacree-a-dom-gueranger-fondateur-de-labbaye-de-solesmes-205213a6-a104-11f0-8fee-8372019c9cea

Dans le cadre des différents évènements organisés à l’occasion des 150 ans de la mort de Dom Guéranger, fondateur de la congrégation des moines bénédictins de Solesmes, une journée se tiendra au Mans le 18 octobre 2025.

Le gisant de Dom Guéranger à Solesmes dont on célèbre cette année les 150 ans de sa mort.
Le gisant de Dom Guéranger à Solesmes dont on célèbre cette année les 150 ans de sa mort. | ARCHIVES LE MAINE LIBRE

Le 18 octobre, une journée sera consacrée aux 150 ans de la mort de Dom Guéranger.
Les moines de Solesmes feront exceptionnellement le déplacement jusqu’au Mans pour participer à cet évènement. À 10 h 30, une messe sera célébrée en la cathédrale du Mans. A 15 heures, trois conférences seront données par les moines de Solesmes à Notre-Dame de la Couture, retraçant la vie et l’œuvre de Dom Guéranger. Elles seront suivies par les Vêpres à 16 h 30. Le fondateur de la communauté de Solesmes – qui a également créé l’abbaye Sainte-Cécile – a été reconnu par le pape Grégoire XVI en 1837. Dom Guéranger conserve encore aujourd’hui une influence considérable.
La congrégation de Solesmes a un écho dans le monde entier. Elle a créé plus de quarante monastères de moines ou moniales.

Le chant grégorien s’empare de l’abbaye de Solesmes jusqu’au 11 juillet 2025

Ouest France 07/07/2025 https://www.ouest-france.fr/societe/religions/le-chant-gregorien-sempare-de-labbaye-de-solesmes-jusquau-11-juillet-2025-7ba79a4c-58e7-11f0-8b05-6b82fd3c3480

Remis au goût du jour par Dom Gueranger, le refondateur de l’abbaye de Solesmes, le chant grégorien est à l’honneur pendant une semaine sur les bords de la Sarthe dans le cadre de l’abbaye bénédictine, située non loin de Sablé-sur-Sarthe.

Lors de la messe du matin et les vêpres à 17 h, il sera possible d’entendre les participants à la session grégorienne de l’abbaye de Solesmes.
Lors de la messe du matin et les vêpres à 17 h, il sera possible d’entendre les participants à la session grégorienne de l’abbaye de Solesmes. | MICHEL OGIER

Si le chant grégorien a toujours existé à l’abbaye bénédictine de Solesmes (Sarthe), depuis 2024, les sessions grégoriennes ont pleinement repris avec pas moins de 70 participants. « Des sessions, il y en a toujours eu mais de manière ponctuelle. En 2024, nous avions proposé une version de cette formation en espagnol, cette année, c’est au tour des anglophones, explique le père Jacques-Marie Guilmard, un spécialiste de cet art. Des cours sont donnés et nous suivons les offices de la journée. À la fin de la session, nous délivrons un diplôme. D’ailleurs, l’an passé, l’évêque du Mans, Jean-Pierre Vuillemin avait intégré cette session. »

Près d’une centaine de participants venus du monde entier est attendue à ce rendez-vous qui peut, aussi, être suivi à distance en visioconférence. « Il n’y a pas que des cours de chants à proprement dit, souligne Dom Guilmard. On travaille sur l’histoire du chant grégorien, son rythme. »

« Le chant grégorien attire les jeunes »

L’abbaye de Solesmes est l’un des rares lieux en France qui propose ce type de sessions de formation. « Nous en proposerons une à Paris à la fin du mois de novembre 2025 dans le cadre de la fin du jubilé de Dom Guéranger qui avait contribué à redonner sa place au chant grégorien, poursuit l’homme d’Église. Il faut savoir que le chant grégorien attire les jeunes et il est pratiqué dans de nombreux pays, notamment d’Afrique. On trouve même une équipe de grégorianistes à Sarcelles en banlieue parisienne. C’est lié à la présence d’une forte communauté de chrétiens chaldéens. »

Lire aussi : VIDÉO. L’abbaye de Solesmes célèbre les 150 ans de la mort de son illustre fondateur, Dom Guéranger

Cette session grégorienne à l’abbaye de Solesmes se tiendra jusqu’au vendredi 11 juillet 2025. Il est possible d’assister chaque jour à la messe chantée de 9 h puis aux vêpres à 17 h, célébrés dans l’église paroissiale de Solesmes qui jouxte l’abbaye.

Les supérieurs de la Congrégation de Solesmes réunis pour l’année jubilaire de Dom Guéranger

Ouest France 01/06/2025 https://www.ouest-france.fr/societe/religions/les-superieurs-de-la-congregation-de-solesmes-reunis-pour-lannee-jubilaire-de-dom-gueranger-0ea109f6-3e02-11f0-9838-46aa9b466e5f

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Un colloque autour de Dom Guéranger à l’abbaye de Solesmes …

https://lemans.maville.com/actu/actudet_-un-colloque-autour-de-dom-gueranger-a-l-abbaye-de-solesmes-_dep-6817689_actu.Htm

Lemainelibre.fr Mercredi 21 mai 2025 10:17

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Le père Jacques-Marie Guilmard devant le gisant de Dom Guéranger, dans la crypte de l’église abbatiale à Solesmes. © Le Maine Libre

L’abbaye de Solesmes (Sarthe) reçoit du 21 au 24 mai de nombreux religieux et universitaires pour des journées de célébration et d’échanges autour de Dom Guéranger.
Le mercredi 21 mai, l’église de l’abbaye de Solesmes va connaître une affluence particulière : près de 200 personnes seront réunies pour la messe à 10 h 30. Les moines de Solesmes reçoivent en effet des religieux venus de loin – la congrégation bénédictine compte 32 monastères dans le monde – pour célébrer les 150 ans de la mort de Dom Guéranger. Avec un peu de retard, puisqu’il s’est éteint le 30 janvier 1875. Pour ce jour spécial, l’Académie de Liesse de Précigné donnera un concert à 16 heures, ouvert à tous.

Des travaux d’universitaires

Puis le jeudi et le vendredi, une vingtaine d’universitaires venus de Paris, de Lyon ou de Toulouse feront état de leurs recherches sur la figure de Dom Guéranger et son influence depuis 150 ans. Des connaissances qui pourront servir à l’association pour la béatification du fondateur de l’abbaye de Solesmes. Dans 18 mois, après être passé entre les mains de l’évêque du Mans, le dossier pourrait être à Rome , espère le père Jacques-Marie Guilmard.

Le nouveau pape Léon XIV sera-t-il sensible à la demande de l’association, qui tient son assemblée générale le samedi 24 mai salle de la Marbrerie (ouverte à tous) ? Le père Guilmard se montre optimiste et pense qu’elle pourrait trouver écho dans l’âme du pape Léon XIV : il connaît l’Amérique latine où le monachisme est bien implanté et il aime la liturgie.

Deux points communs avec Dom Guéranger, qui avait attiré l’attention de feu le pape François en janvier dernier. Celui-ci avait en effet écrit à Dom Kemlin, père abbé de Solesmes. Une démarche inhabituelle. Le pape François rappelait notamment dans sa lettre l’importance de l’action du moine né à Sablé pour l’unité de la liturgie.

Sophie NOUCHER. Maine Libre

Ouest-France Hélène de Courrèges : On ne fabrique pas un saint.

Stéphane BOIS.Publié le 21/05/2025 à 07h01

https://www.ouest-france.fr/societe/religions/on-ne-fabrique-pas-un-saint-elle-prepare-le-proces-en-beatification-du-refondateur-de-solesmes-5c48a0ec-355b-11f0-a239-9c8da3da27ee

Colloque à Solesmes « Dom Prosper Guéranger, un moine au cœur du monde et de l’Église »

https://eglise.catholique.fr/actualites/agenda/563044-colloque-a-solesmes-dom-prosper-gueranger-un-moine-au-coeur-du-monde-et-de-leglise

Du 22 au 23 mai 2025

abbaye de Solesmes

Portrait de Dom Prosper Guéranger

À l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la mort de dom Prosper Guéranger (1805-1875), ce colloque a pour ambition de revisiter la figure et l’œuvre du restaurateur de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Si dom Guéranger est une figure connue des historiens de l’Église en raison du rôle de premier plan qu’il a joué dans la refondation de la vie bénédictine masculine en France, de son intervention décisive dans la réforme liturgique et l’adoption de la liturgie romaine dans tous les diocèses français, de ses polémiques visant à soutenir une certaine vision de l’Église et de la tradition, sa personnalité et ses charismes propres sont bien souvent passés sous silence.

Plus précisément, Il s’agit en quelque sorte de « déconstruire » la figure historiographique de celui qui ne fut pas le seul à penser, au XIXe siècle, le monachisme, l’Église et la société, en examinant à nouveaux frais et de façon croisée et contextualisée avec précision son itinéraire religieux, intellectuel et politique, en tentant de « réhumaniser » son image pour mieux l’inscrire dans l’histoire, à l’image, par exemple, du qualificatif de « Bon père Guéranger » employé par les habitants de Solesmes, mais aussi de la vigueur de ses prises de positions politiques et religieuses au cœur des polémiques et des débats auxquels il a pu participer.

150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger

Publié le 03 février 2025 https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/temoigner/temoins/560746-150e-anniversaire-de-la-mort-de-dom-gueranger/

Portrait de Dom Prosper Guéranger

Dom Guéranger, né le 4 avril 1805 à Sablé-sur-Sarthe et décédé le 30 janvier 1875 à l’âge de 69 ans, était un moine bénédictin français connu pour avoir restauré l’ordre bénédictin en France et l’abbaye de Solesmes (diocèse du Mans). L’année 2025 marque le 150ᵉ anniversaire du décès de Dom Prosper Guéranger.

Né en 1805, il devient prêtre en 1827 et se passionne rapidement pour la liturgie. En 1833, il obtient la permission de restaurer la vie monastique à l’ancienne abbaye de Solesmes, qui était alors en ruine. Sous sa direction, Solesmes devient un centre de renouveau du monachisme bénédictin en France et en Europe.

Dom Guéranger est aussi célèbre pour ses écrits, notamment L’Année liturgique, une vaste œuvre en plusieurs volumes expliquant les différentes fêtes et saisons de l’Église. Il défend ardemment l’unité de la liturgie romaine contre les usages diocésains gallicans et contribue à promouvoir l’ultramontanisme, soutenant la primauté du pape face aux tendances nationalistes dans l’Église.

l’héritage de Dom Prosper Guéranger

Dom Guéranger a joué un rôle crucial dans la restauration de la vie bénédictine en France au XIXe siècle. Il a fondé l’abbaye de Solesmes en 1833, qui est devenue un centre spirituel et intellectuel majeur. Son œuvre a contribué à la restauration du chant grégorien comme pilier de la liturgie, à l’unification des missels diocésains, anticipant les efforts d’unité liturgique ultérieurs et au renouveau de la tradition monastique bénédictine en France et au-delà.

Dom Guéranger a apporté des contributions significatives à la théologie et à la spiritualité catholiques :

  • Il a défendu l’unité liturgique et promu une compréhension approfondie de la liturgique,
  • Ses écrits, notamment « L’Année liturgique », restent des ouvrages de référence sur le cycle des célébrations chrétiennes,
  • Il a contribué à la définition du dogme de l’Immaculée Conception en 1850,
  • Son ouvrage « De la monarchie pontificale » a soutenu la définition de l’infaillibilité papale lors du Concile Vatican,

L’héritage de Dom Prosper Guéranger reste pertinent dans les débats contemporains sur la liturgie, la tradition et l’œcuménisme, offrant des perspectives précieuses pour l’Église d’aujourd’hui.

Béatification

Actuellement, un procès de béatification est en cours pour Dom Guéranger. Lors de l’Assemblée plénière du 3 au 8 novembre 2023, les évêques ont voté l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification. Les bénédictins de Solesmes, très attachés à sa figure, ont rédigé une prière spéciale pour demander sa béatification.

Dieu notre Père, ton serviteur Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, attentif à l’Esprit-Saint, a permis à une multitude de fidèles de redécouvrir le sens de la liturgie, source du véritable esprit chrétien. Que son dévouement à la Sainte Église et que son amour filial envers la Vierge immaculée, puisés dans le mystère du Verbe incarné, soient une lumière pour les chrétiens de notre temps. Daigne, Seigneur, nous accorder la faveur que nous demandons par son intercession, afin que sa sainteté soit reconnue de tous et que l’Église nous permette au plus tôt de l’invoquer comme l’un de tes bienheureux et de tes saints. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

L’hommage du pape François le 2 janvier 2025 est particulièrement significatif, car c’est la première fois qu’un pape s’exprime ainsi sur Dom Guéranger depuis l’ouverture de son procès en béatification.

Les commémorations en 2025

Pour commémorer cet anniversaire, plusieurs événements sont prévus tout au long de l’année 2025 :

  • Le 30 janvier 2025, jour exact du 150ᵉ anniversaire de sa mort, le pape François a rendu hommage à Dom Guéranger en publiant une lettre adressée à l’abbé de Solesmes,
  • Le diocèse du Mans organise une série d’événements commémoratifs, notamment : l’inauguration d’une plaque commémorative à Sablé-sur-Sarthe, un colloque les 22 et 23 mai, une journée d’étude grand public à Solesmes le 5 septembre et une messe à la cathédrale du Mans et des vêpres à l’église Notre-Dame de La Couture le 18 octobre.

Famille chrétienne, du 19 au 25 avril 2025 : Dom Geoffroy Kemlin, Pâques est un autre big bang

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Pâques est le sommet de l’année liturgique et de toute l’Histoire sainte. En cette année jubilaire du 150e anniversaire du décès de Dom Prosper Guéranger, le refondateur de l’abbaye de Solesmes, nous avons rencontré Dom Geoffroy Kemlin, son actuel Père abbé. Pâques est un sommet, le sommet le plus haut de l’« année liturgique », pour reprendre le titre du best-seller de Dom Prosper Guéranger, celui qui a ressuscité la vie bénédictine en France – à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, dans la Sarthe – après le silence forcé de la Révolution française.
Mais le sommet de Pâques n’est pas un Everest réservé à des alpinistes de compétition. Il est accessible à tous, toute l’année, même pour les éclopés de la vie spirituelle que nous sommes. Les moines bénédictins, héritiers de Dom Guéranger, sont bien placés pour savoir que tout notre calendrier liturgique est tendu vers cette lumière incandescente de la Résurrection. Ne croyons pas que cette lumière incréée ne brille qu’un seul jour, de manière furtive, très loin de nos préoccupations terrestres.
Il ne s’agit pas d’une clarté magique et clignotante, tout extérieure, qui nous délivrerait comme par enchantement
des ténèbres de nos existences. Non, c’est une lumière vraiment divine, jaillie du tombeau vide de Jérusalem, humble et tenace. Elle seule peut éclairer les épreuves du quotidien. Dans la grisaille des jours, nous pouvons déjà l’apercevoir, de loin certes,
mais réellement. « Avec le progrès de la conduite et de la foi, écrit saint Benoît dans le prologue de sa Règle, le coeur se dilate, et c’est dans une ineffable douceur d’amour que l’on court sur le chemin des commandements de Dieu. » Notre résurrection
a donc commencé, et elle sera achevée dans la Vie éternelle, dans la Jérusalem céleste, où les seuls coups de soleil seront des coups de grâce. Nous irons alors de « commencements en commencements », comme le disent les Pères de l’Église.
Encore faut-il consentir à commencer, aujourd’hui, à l’école du Mystère pascal célébré dans la liturgie.

J Samuel Pruvot

Famille Chrétienne — Le refondateur de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Dom Prosper Guéranger, parle des « joies pures » de Pâques. À quoi ces joies ressemblent elles pour les moines ?

Dom Geoffroy Kemlin — Il faut d’abord préciser que ces joies sont reçues dans la foi et dans l’espérance. Si elles étaient sonnantes et trébuchantes, tout le monde se convertirait sur le champ et entrerait au monastère. Le moine ne touche pas forcément les fruits de la Résurrection matériellement. Cela dit, les fruits sont là, partout, et si l’on a ce regard de foi, on arrive à les percevoir. Cela se manifestera, par exemple, dans une belle liturgie, où l’on va être touché et sentir que le Seigneur est présent. Ou ce sera dans un moment fraternel, un beau paysage, ce tapis de pâquerettes, ces bien nommées fleurs de Pâques qui reflètent la beauté de la Résurrection. Ce n’est pas juste de la poésie de dire cela. Il s’agit d’exercer notre regard de foi pour devenir sensible à tous ces petits signes dont le Seigneur parsème chaque jour de notre vie. Quels sont les moments durant lesquels vous avez personnellement le plus expérimenté cette joie pascale dans votre vie contemplative ? Je me souviens très bien de l’avoir vécue après chaque grande étape de ma vie monastique. Il y a toujours eu pour moi un état de grâce de quelques mois pendant lequel j’ai eu l’impression de voler sur un petit nuage, que ce soit lors de la vêture, après la profession temporaire puis solennelle, l’ordination diaconale, sacerdotale. Tout est beau, on se sent aimé, choisi du Seigneur, prêt à tout Lui donner, à Le suivre partout où Il nous enverra. Je pense que nombre de moines ont vécu cet état de grâce, un peu comme quand l’on sort de la confession. C’est une joie solide, qui donne l’impression que rien ne viendra la balayer, contrairement aux joies fausses du monde dont on sent bien qu’elles ne vont pas durer. Cette joie a de la valeur pour l’Éternité. On le sait et on le sent, on en jouit pour ainsi dire. Est-ce une joie qui culmine dans le Mystère de Pâques ? Oui, car Pâques est la solennité des solennités, vers laquelle convergent toutes les autres fêtes chrétiennes, l’Annonciation, Noël, le Baptême, la Transfiguration, tous les moments de la vie de Jésus. Et le point de départ dont les conséquences se diffusent dans l’Église et dans les saints qui ont su accueillir pleinement la grâce de la Résurrection et en vivre. Dom Prosper Guéranger (voir p. 32-33) montre cela dans son Année liturgique. Dans la liturgie, le jour de Pâques, pendant toute l’octave, on nous fait répéter ce verset du psaume 117 : « Ce jour qu’a fait le Seigneur, réjouissons-nous et exultons. » C’est le jour J de l’année liturgique et le centre de toute l’histoire du Salut, le moment où la Création a atteint son achèvement. Le Corps du Christ est glorifié à ce moment-là. Il a emporté la victoire, Il est divinisé : toutes ses limites en tant qu’homme disparaissent pour être assumées en Dieu.

[hodie, en latin, signifie « aujourd’hui », Ndlr]. La liturgie nous rend contemporains des mystères que l’on célèbre. À chaque messe, nous sommes dans la même situation que si nous étions en 33, à Jérusalem, devant le Golgotha. Le jour de Noël, nous sommes devant la crèche ; à la Transfiguration, sur le mont Thabor ; à Pâques, au Saint-Sépulcre. L’achèvement de la Création, ce n’est pas seulement la réparation du péché d’Adam et Ève… Nous avons perdu la beauté du paradis terrestre, mais la Résurrection nous fait entrer dans une réalité plus belle encore. L’humanité pécheresse est sauvée par Dieu. Le Seigneur ne vient plus seulement se promener dans le jardin d’Éden à la brise du soir, mais reçoit l’homme dans la communion de la Trinité Elle-même. Et le corps des hommes devient divinisé, une glorification que n’avait pas celui d’Adam et Ève, même s’ils avaient beaucoup de dons qu’on appelle préternaturels, qui dépassaient les limites naturelles que nous connaissons aujourd’hui.

DE L’HUMILITÉ

« Si nous voulons donc, Frères, atteindre le sommet de la plus haute humilité et parvenir promptement à cette exaltation céleste où l’on accède par l’humilité de la vie présente, il faut dresser et gravir par nos actes cette échelle qui apparut en songe à Jacob et sur laquelle il voyait des anges descendre et monter. Sans aucun doute, cette descente et cette montée ne signifient rien d’autre, selon nous, sinon qu’on descend par l’exaltation de soi et qu’on monte par l’humilité. L’échelle ainsi dressée, c’est notre vie en ce monde que le Seigneur dresse vers le Ciel pour le coeur humilié. Car nous disons que les montants de cette échelle sont notre corps et notre âme ; dans ces montants sont insérés divers échelons d’humilité et d’observance que Dieu nous appelle à gravir. » J Extrait de la Règle de saint Benoît (chapitre 17)

UNE ABBAYE MILLÉNAIRE

Fondé vers 1010, le modeste prieuré bénédictin de Solesmes a traversé les siècles jusqu’à la Révolution française. Chassés en 1791, les moines disparaissent jusqu’à l’arrivée de Dom Prosper Guéranger en 1833. Ce passionné va restaurer la liturgie ainsi que le chant grégorien, et jeter les bases de l’actuelle congrégation de Saint-Pierre de Solesmes.

Pourquoi le mal est-il toujours à l’œuvre, alors que la victoire de Pâques a déjà eu lieu ?

Le Christ veut que nous entrions dans son combat à Lui, sa victoire à Lui, et pour cela, il faut que nous ayons aussi le nôtre à mener pour Le choisir Lui, L’aimer Lui, porter quelque chose de sa croix, vivre quelque chose de sa Passion, dans les conditions du monde limité qui sont les nôtres. Dieu permet que le mal soit toujours là, mais, justement, quand nous accueillons une épreuve, qu’elle soit grande ou petite, en voulant aimer et suivre Jésus, nous sommes unis à Jésus ; et ce fait même d’être unis à Lui, y compris dans l’épreuve et dans la souffrance, est déjà le fruit de la Résurrection, qui est par excellence l’union avec Jésus. Comment l’Église célèbre-t-elle cette victoire sur le mal ? Ce Mystère est célébré dans l’Église depuis des siècles et des siècles à travers la fête de la Croix glorieuse. Fêter en même temps la Croix et la gloire montre bien cette union des deux aspects du Mystère que la liturgie sépare uniquement pour notre esprit discursif qui a besoin de procéder par étapes. Il s’agit évidemment d’une seule réalité. À chaque fois que nous accueillons une souffrance en union avec le Christ, nous vivons nous aussi la Résurrection elle-même. On peut même aller plus loin en disant que sur la Croix, Jésus se vide, selon l’expression de saint Paul aux Philippiens, Il s’abaisse, Il se donne totalement. En ce sens, Il manifeste au maximum sa divinité. C’est de cette manière-là que sa divinité s’exprime au maximum dans son corps, puisque, dans la Trinité, le Père et le Fils sont don total : le Fils se reçoit du Père, mais le Père se donne totalement, et le Père et le Fils se donnent totalement au Saint-Esprit. Être don total, accueil total au don, c’est le propre de Dieu. Là où gît sa toute-puissance. Comment les symboles liturgiques de la Vigile pascale parviennent-ils à exprimer ce don total ? Lors de la Vigile pascale, il y a d’abord la bénédiction du feu nouveau, puis la procession durant laquelle le cierge du célébrant et celui de tous les fidèles sont allumés au cierge pascal qui représente le Christ. Cela montre que tous les fidèles reçoivent eux-mêmes le don de la Résurrection. Cela signifie que celle-ci n’est pas uniquement pour le Christ, mais que nous sommes tous invités à y participer. Dans l’église, lors de la Vigile, il y a le Præconium Paschale, l’Exultet, chanté par le diacre, qui annonce la résurrection du Christ, puis la liturgie de la Parole avec les sept lectures reprenant toute l’histoire du Salut, signifiant que cette nuit pascale en est l’achèvement. Dieu, quand Il a créé, voulait depuis le début s’unir à nous et nous voir entrer dans sa gloire et son bonheur infini. Ensuite, la lecture du Nouveau Testament tirée de l’Épître aux Romains illustre le sens du baptême, qui est précisément la plongée dans la mort et la résurrection du Christ. Outre le feu, l’autre symbole liturgique est l’eau, qui vient nous toucher, nous mouiller, exprimant que nous sommes mis en contact avec la divinité du Christ ressuscité que nous recevons à notre tour en partage. Pour revenir au symbole du feu, c’est aussi l’image qu’utilise Origène quand il veut parler des deux natures du Christ, avec la pièce de métal qui est mise dans le feu et qui devient feu. Cette pièce de métal ardente représente la nature humaine du Christ qui est divinisée. Nous-mêmes recevons cette flamme à notre tour et vivons d’une certaine manière cette divinisation dans notre nature humaine. D’où l’importance du pain eucharistique ? L’Eucharistie nous rend contemporains de la Passion du Christ. Le Jeudi saint, lors de la Cène, c’est Jésus Lui-même qui fait le lien entre l’institution de l’Eucharistie et sa Passion en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon Corps livré pour vous », « Ceci est mon Sang versé pour vous ». Ce Corps et ce Sang donnés dans la Passion que nous recevons à manger et à boire sont ceux du Ressuscité. La solennité de Pâques est celle du Corps de Jésus, puisque c’est là qu’Il est glorifié. Et quand nous le recevons, nous devenons aussi membre du Corps du Christ, nous devenons nous-même le Corps du Christ, selon la fameuse phrase de saint Augustin : « Devenez ce que vous recevez. » Et aussi : « Vous êtes ce que vous recevez. » Nous avons à donner notre part et, en même temps, nous recevons ce don complètement. En dehors de ce cadre liturgique qui fait descendre le Ciel sur la Terre, comment faire pour nous unir à ce Mystère dans notre vie quotidienne ? À chaque fois que nous accueillons une épreuve, petite ou grande, ou que nous renonçons à nous-même pour nous unir à Jésus, comme Lui-même l’a fait sur la Croix, nous vivons ce Mystère pascal dans la foi. Dans l’Épître aux Romains, saint Paul insiste beaucoup sur l’obéissance que cela requiert. À Gethsémani, Jésus Lui-même traverse ce combat entre sa nature humaine, qui veut qu’Il garde la vie, et l’acceptation, avec sa volonté humaine, de la volonté divine, de ce don de Lui-même qui se sacrifi e pour l’humanité. C’est un mouvement dans lequel on peut s’insérer dans la vie de tous les jours. Cette obéissance n’est pas seulement celle que l’on doit à un supérieur, mais, comme saint Benoît demandant que les Frères s’obéissent les uns aux autres dans les derniers chapitres de la Règle, il s’agit d’être capable de renoncer à sa volonté propre pour faire celle d’un autre. C’est la dynamique même de la Passion et de la Résurrection. Dans la Règle de saint Benoît, l’obéissance va avec l’esprit de silence et l’humilité. En quoi ce Mystère pascal est-il le moteur de la vie monastique ? Le propos monastique lui-même est pascal. Dans le prologue de la Règle de saint Benoît, il est écrit que l’on entre au monastère pour avoir la vie. C’est pour avoir cette vie de la Résurrection que l’on est prêt à renoncer à des choses belles, bonnes et importantes. On choisit de suivre Jésus dans cette obéissance, cet abaissement, pour recevoir sa vie divine ici-bas et dans l’Au-delà. Saint Benoît dit que tous les jours de la vie du moine devrait être le Carême, dans la joyeuse attente de la Résurrection. Il demande l’obéissance, le vœu le plus important, ainsi que la conversion des mœurs et la stabilité. La pauvreté et la chasteté ne sont pas explicitement nommées. Elles sont contenues dans la conversion des mœurs. L’obéissance est le vœu monastique par excellence, c’est aussi de cette manière-là que Jésus a sauvé le monde, en particulier au moment de sa Passion. Comment ce temps pascal est-il spécialement marqué au monastère ? De même que toute la vie du moine est un carême, on peut dire aussi que toute la vie du moine est un temps pascal. Mais pendant ce temps, précisément, on ne cesse de dire : « Alléluia », ce que l’on ne fait pas pendant le Carême, à la messe, dans les antiennes et les répons. C’est la jubilation sur nos lèvres. « Que notre esprit s’accorde avec notre voix », dit aussi la Règle de saint Benoît, dans le chapitre 19. La liturgie nous forme de l’extérieur. Elle dépose les paroles de Dieu et de la mère Église sur nos lèvres. C’est à nous de nous laisser imprégner petit à petit, dans un mouvement qui va de l’extérieur vers l’intérieur, pour apprendre à prier le Seigneur et à avoir la juste attitude. Cette obéissance n’est pas de l’infantilisme ou de la servilité. Cette joie ne s’impose pas, elle est discrète. Appelle-t-elle notre attention ? À la Résurrection, il n’y a pas de témoin. Marie Madeleine prend Jésus pour le jardinier. Les compagnons d’Emmaüs ne Le reconnaissent pas non plus d’emblée. Ils ont le cœur tout brûlant, comme chacun peut l’éprouver parfois, mais pas toujours – ce qui ne doit pas nous inquiéter parce que la foi se situe à un autre niveau. Travailler notre regard de foi, c’est nous exercer à reconnaître dans ce monde terrestre, humain, toutes les traces du Seigneur. Car tout sort de sa main. Alors, le cœur se dilate, comme le dit saint Benoît. Notre intelligence et notre cœur sont attirés par toutes les choses matérielles. Il y a un effort à faire pour établir le calme en nous afin d’accueillir ce Mystère. En quoi la liturgie nous y aide-t-elle ? Benoît XVI disait qu’il fallait « vivre le dimanche » : on reçoit l’Eucharistie, et ensuite il faut incarner ce Mystère dans notre vie quotidienne, aller à la rencontre de Jésus tout simplement dans nos frères. À l’extérieur de l’enceinte de l’église, on peut louer le Seigneur et Lui rendre grâce comme on le fait à la messe, à chaque instant de sa vie, en se mettant au service de ses frères et en faisant tout pour la gloire de Dieu. C’est ce à quoi nous exhorte saint Paul dans son Épître aux Romains, au chapitre 12 : « Offrez vos corps en hostie vivante, sainte », etc. Le vocabulaire liturgique de la messe décrit ce que nous sommes invités à vivre à chaque instant. C’est ainsi que l’on accueille le Dom Geoffroy Kemlin, dans le petit cloître de Saint-Pierre de Solesmes. Saint Julien est le patron du diocèse du Mans, qui couvre le département de la Sarthe où est située l’abbaye de Solesmes.

« Dans la Règle de saint Benoît, l’obéissance va avec l’esprit de silence et l’humilité. » Mystère de la Résurrection : en étant uni à Jésus, en Le suivant, en posant les actes que Lui-même aurait posés dans les mêmes circonstances. N’y aurait-il pas d’un côté les temps forts liturgiques et de l’autre un temps profane où il ne se passerait rien ? Nous avons besoin de ces temps privilégiés, mais le Mystère de l’Incarnation fait que Dieu Lui-même vient dans notre quotidien, y compris dans les moments les plus gris et les plus banals. La séparation entre le sacré et le profane ne doit pas faire oublier que tout est trace de Dieu. Par l’Incarnation, Dieu s’est rendu proche. Il a franchi la distance qui nous séparait de Lui en descendant parmi nous. C’est pour cela que l’on peut désormais célébrer la messe partout et pas seulement des sacrifices dans le Temple comme dans l’Ancien Testament. Cela rejoint le sens de notre office divin et de la vie monastique elle-même. Certains sont choisis pour cette vie de renoncement et de joie, avec ses hauts et ses bas en fonction des temps et des moments, mais cet appel est pour tous, au sens du « pour vous et pour la multitude » des paroles de la consécration. Quels conseils donneriez-vous aux catéchumènes qui ont parfois du mal à rester fidèles à leur engagement, une fois que la joie du baptême est passée ? Ce geste que l’on a posé, et l’on en est bien conscient lorsqu’on le pose, a du poids pour l’Éternité. C’est un appel irrévocable de Dieu. Il y aura toujours un moment où le cœur pourra se refroidir, où il y aura des épreuves ou des remises en cause. Le moine est soutenu par la communauté. Tous les baptisés le sont. La vie fraternelle est ce qu’il y a de plus beau et aussi ce qu’il y a de plus difficile, mais c’est sur elle que l’on peut s’appuyer dans les moments difficiles. Je l’ai moi-même vécu de façon très forte. C’est toujours un père, une sœur ou un frère spirituel qui nous aide à traverser les épreuves, et quand nous irons mieux, nous pourrons nous-même aider tel autre frère. Dans cet amour mutuel, nous vivons dès ici-bas la victoire de la Résurrection.

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Dans cette homélie pascale inédite de 1860, l’ancien abbé de Solesmes, Dom Prosper Guéranger, médite sur la puissance attractive de l’annonce de la Résurrection qui traverse les siècles jusqu’à nous.

« Partout, c’est le triomphant Alléluia » «

«Le dimanche solennel qui suivit la grande fête de la Pâque des juifs, au point du jour, un habitant des Cieux, un ange, était assis sur la pierre qui, tout à l’heure encore, fermait le sépulcre de Notre Seigneur. Quelques femmes arrivent de Jérusalem, apportant des aromates pour embaumer son corps ; tout à coup, elles se trouvent en face de l’ange : “Qui cherchez-vous ?”, leur dit-il. “Jésus de Nazareth. – Il est ressuscité.” Jérusalem est encore silencieuse ; l’aurore paraît à peine à l’horizon ; jamais entretien ne fut plus secret, plus mystérieux, et cependant, ces paroles de l’ange sont aujourd’hui dans toutes les bouches, elles remuent tous les coeurs. « RIEN DE PLUS FRAPPANT, RIEN DE PLUS SOLENNEL » Partout, c’est le triomphant Alléluia ; partout, c’est la joie, la jubilation qui ébranle les villes et les campagnes. Oui, “Surrexit sicut dixit”, et s’Il est sorti du lien du tombeau, Il est Fils de Dieu, Il est ce qu’Il a dit, car Il est ressuscité comme Il l’avait dit. Quel contraste entre ces paroles secrètes et le sépulcre demeuré vide ? Celui qu’il contenait s’est échappé ; Il est vivant. Aujourd’hui encore, rien de plus frappant, rien de plus solennel. Quel espace a dû parcourir cette nouvelle pour arriver jusqu’à vous tous qui la transmettez à vos successeurs ? Car, dans tous les siècles, on célébrera la glorieuse Pâque, nous en avons pour garant la parole même de Dieu et l’expérience de vingt siècles. Comment les disciples, les amis du Sauveur, ont-ils su cette glorieuse nouvelle ? En cette journée du dimanche, ils comparent leurs impressions, ils rapportent les différentes apparitions et enfin leur conviction entière. Du reste, Notre Seigneur leur apparaît Lui-même et leur dit : “Touchez, voyez, c’est bien moi.”

« Y EUT-IL JAMAIS UN ÉVÉNEMENT AUSSI POPULAIRE ? »

Cette nouvelle restera-t-elle cachée, ensevelie à Jérusalem ? Sera-t-elle ensevelie sous les ruines de cette cité, quand les Romains viendront la détruire de fond en comble, parce qu’elle n’a pas connu le Sauveur ? Non, il y a deux mille ans que cette nouvelle fut annoncée par les saintes femmes aux Apôtres. Elle se répand dans la ville, de nouveaux adhérents la promulguent, le symbole s’établit et répand la grande vérité : “Resurrexit a mortuis.” Cette nouvelle s’élance dans la gentilité, et depuis, jamais année n’a été privée de la solennité pascale, et cela malgré l’Empire romain, malgré les César, malgré les persécutions les plus sanglantes dans tous les climats du monde. Bientôt, les empereurs abaissent eux-mêmes leur diadème devant le Christ ressuscité. Puis arrivent les bouleversements des empires, les transformations de peuple, les révolutions, qu’importe ; la mémoire de Jésus-Christ ressuscité reste inébranlable et se perpétue. À mesure que de nouvelles terres sortent du tombeau, elles apprennent que Jésus- Christ est ressuscité. Parcourez aujourd’hui tous les pays du monde, on n’y entend qu’une voix : Jésus-Christ est vraiment ressuscité.

« Quel espace a dû parcourir cette nouvelle pour arriver jusqu’à vous tous qui la transmettez ? »

Y eut-il jamais un événement aussi populaire, un événement qui intéresse à un si haut point tout le monde, un événement aussi impérissable sous le toit de la chaumière des pauvres, que sous les voûtes dorées des palais des rois ? Des hommes ont remué la terre et les conquérants sont oubliés, mais le Christ vit et règne toujours, et l’enfant qui bégaie sait prononcer son nom, il sait qu’aujourd’hui Jésus-Christ est ressuscité. Mais ce n’est pas seulement une notion, un souvenir qui nous sont restés ; ce n’est pas froidement qu’on célèbre cette Résurrection. Et c’est le triomphe de notre Rédempteur : les cœurs, même les plus indifférents, ne laissent pas passer avec indifférence le Grand Vendredi : on ne blasphème pas, au moins en ce jour, des saintes tristesses. Mais, le jour de Pâques, tous se pressent dans nos temples, quelque chose les attire, il est plus fort qu’eux de résister à cet aimant qui attire tout à Jésus-Christ ressuscité. »

J Homélie de Dom Prosper Guéranger, Pâques 1860  

J Propos recueillis par Clotilde Hamon et Samuel Pruvot

Le chant grégorien : 150ème anniversaire du trépas de Dom Guéranger

RCF – 18 mars 2025

Le chant grégorien, le chant liturgique par excellence ?

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/le-chant-gregorien-le-chant-liturgique-par-excellence
Un article rédigé par Clara Astratoff, Véronique Alzieu et Melchior Gormand – le 18 mars 2025 – Modifié le 20 mars 2025


L’année 2025 marque le 150e anniversaire de la mort de Dom Guéranger, grand refondateur de l’Abbaye de Solesmes, mais aussi restaurateur du chant grégorien en France. Un chant liturgique de l’Église catholique romaine, monodique, a capella et composé de versets de la Bible en version latine. Qu’est-ce que le chant grégorien ? A-t-il encore sa place aujourd’hui dans nos églises ? Une émission Je pense donc j’agis présentée par Véronique Alzieu et Melchior Gormand

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Le chant grégorien n’est aujourd’hui entendu que dans quelques monastères. Comme ici lors d’une messe à l’Abbaye de Solesmes. © Abbaye de Solesmes
Dans l’imaginaire collectif, le chant grégorien est le chant des monastères et des églises. Mais de nos jours, en France, il n’est plus chanté que dans quelques monastères lors des offices religieux.

Au contraire, d’autres ont opté pour une liturgie en français et une psalmodie à plusieurs voix. Or, le chant grégorien reste une forme d’expression spirituelle irremplaçable, avec ses sonorités uniques et son atmosphère incomparable.

« Le chant grégorien, c’est le chant de l’âme »
Le chant grégorien doit sa beauté à sa manière particulière d’être interprété. Il utilise le plain-chant avec donc une seule ligne mélodique sans harmonie ou accompagnement instrumental.

Un art que pratique Philippe Lenoble, directeur du chœur grégorien du Mans depuis 1980 et ancien maître de chapelle de la Cathédrale Saint Julien-du-Mans. « Le chant grégorien, c’est le chant de l’âme », exprime-t-il.

Il touche l’âme, selon le spécialiste, à travers son atmosphère particulière mais aussi ses textes tirés de la Bible. « La psalmodie est première dans le chant grégorien », explique-t-il. Il permet d’exprimer les sentiments religieux au cœur des psaumes.

Pour le père Jacques-Marie Guilmard, moine de l’Abbaye de Solesmes et spécialiste du chant grégorien, « le chant est un résumé de tous les sentiments religieux et les prières des hommes et des femmes ». Par ses huit tons, il s’adapte aux 150 psaumes de David, ce qui lui permet de toucher « toutes les âmes », comme celle d’Yves, un auditeur de l’émission, qui trouve un réconfort lors de ses écoutes de chant grégorien : « Pendant ce temps-là, je me mets à prier et à parler à Dieu ».

Le chant est un résumé de tous les sentiments religieux

Un effet apaisant de pureté. Par son côté unique, le chant grégorien donne une importance à l’interprétation. « Il se trouve plus dans la voix que dans la lecture », rapporte Philippe Lenoble. Il est qualifié de chant nouveau et passe d’une version écrite sur papier à une version quantifiée quand il est chanté, ce qui lui donne un dynamisme.

Son rythme libre ainsi que sa faculté à toucher l’âme laisse la place à l’introspection. « L’art du chant grégorien, c’est d’avoir hiérarchisé la messe et la liturgie, la difficulté est hiérarchisée », souligne Philippe Lenoble, qui précise que la difficulté de l’exercice peut effrayer même si cette pratique reste accessible. Une activité pratiquée par Pierre-Marc, auditeur de l’émission : « Dans le chant grégorien, il y a une rythmique permanente, il faut beaucoup de travail. Mais le résultat est assez extraordinaire”.


Les origines du chant grégorien en France


Cette forme d’expression spirituelle arrive en Gaule au milieu du VIIIe siècle sous Pépin le Bref qui adopte la liturgie romaine. Mais c’est au IXe siècle grâce à Charlemagne et aux monastères que le chant grégorien connaît un véritable essor.

Ils vont fixer les canons de cette musique aux interprétations diverses jusque-là. « Au départ, pour Charlemagne, c’est vraiment une décision religieuse », raconte le père Jacques-Marie Guilmard. Cette diffusion à travers l’empire carolingien permet d’unifier le pays par la force de la musique.

L’appellation « chant grégorien » vient de la légende rattachée au pape Grégoire le Grand, qui l’estime compositeur de ce chant et fondateur de la schola grégorienne.

Au départ, pour Charlemagne, c’est vraiment une décision religieuse

Cet art perdra de la vigueur à la fin de l’époque médiévale avec l’arrivée de la polyphonie. Il est écarté par la Renaissance et le Protestantisme. Le chant grégorien est alors dénaturé par la volonté de différents effets musicaux et rentrera donc dans une période de déclin.

Ce savoir-faire doit sa restauration à Dom Prosper Guéranger. Dès 1862, le grand refondateur de l’Abbaye de Solesmes décide de lancer ses disciplines à la recherche des chants liturgiques de l’Église. Ce travail de restauration permet de réaliser une composition de manuscrits afin de retrouver les mélodies et la manière la plus authentique de chanter les psaumes.

« Dom Guéranger veut retrouver le rythme libre et solliciter l’âme », témoigne Philippe Lenoble. Le chant grégorien a subi divers essais de restauration dès le début du XVIIe siècle mais « c’est Dom Guéranger qui a donné une impulsion importante qui a fonctionné, c’est pour cela qu’on dit de lui que c’est le restaurateur », révèle le père Jacques-Marie Guilmard.


Le chant grégorien aujourd’hui


C’est en 1962 que le chant grégorien devient, par le concile Vatican II, le chant officiel de la liturgie romaine, ce qui lui donne une importance spirituelle et une place centrale. Toutefois, l’abandon progressif de la langue latine, qui est au centre du chant grégorien, pose la question de la compréhension des textes.

De nos jours, les messes sont majoritairement célébrées en langues nationales. Mais pour le père Jacques-Marie Guilmard, « le latin a une grande richesse et spiritualité ».

Le latin n’est pas un obstacle mais une qualité extatique et mystique

Le climat mystique ressenti dans ces chants vient directement de la langue latine. « Avec le latin, on chante avec plaisir les voyelles, ce qu’on ne peut pas faire en français. Le chant est plus mystérieux en latin », explique Philippe Lenoble.

Faut-il donc retrouver le latin dans les offices religieux ? Selon le père Jacques-Marie Guilmard, « le latin n’est pas un obstacle mais une qualité extatique et mystique ». Il défend l’idée qu’il faut retrouver le latin mais pas pour tout. Le français reste nécessaire pour la compréhension des textes, les lectures et pour la prière universelle. Cependant le latin introduit une vigueur qui est importante pour les psaumes. « Il faut un équilibre entre le français et le latin », confie Jacques-Marie Guilmard.

Un vrai patrimoine français, dont l’abandon a inquiété l’État dès les années 1980, qui en a organisé des stages de chants. Cet art est encore prisé par les jeunes qui « recherchent ce climat amené par le chant grégorien et la langue latine pour pallier le climat mondial qui n’est pas agréable », justifie Philippe Lenoble.

Des dispositifs sont mis en place pour transmettre ce savoir-faire comme des rencontres grégoriennes en France, ou des cours de chants. « Il faut le rendre abordable à tout le monde ! C’est à nous de remonter nos manches et de faire aimer le chant grégorien », affirme le moine de l’abbaye de Solesmes.

La congrégation de Solesmes célèbre son fondateur Dom Guéranger


https://www.rcf.fr/articles/actualite/la-congregation-de-solesmes-celebre-son-fondateur-dom-gueranger

Un article rédigé par Philomène Dubois – le 10 février 2025 – Modifié le 10 février 2025


L’année 2025 marque les 150 ans de la mort de Dom Guéranger, fondateur et premier abbé de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Cet homme d’Église, dont la béatification est actuellement étudiée par le Vatican, est notamment connu pour son ouvrage « L’Année liturgique », un recueil des fêtes et célébrations de l’année liturgique. Dom Geoffroy Kemlin, le père abbé de l’abbaye de Solesmes, revient sur l’histoire de cette figure religieuse à l’occasion de cet anniversaire.


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Dom Guéranger © Dr


Dom Guéranger est à l’origine du renouveau liturgique au XIXe siècle en France. Ses travaux ont contribué à la redécouverte historique, théologique et ecclésiologique de la liturgie comme langage de l’Église et expression de sa foi. Ce renouveau a notamment influencé la constitution « Sacrosanctum Concilium » du Concile Vatican II.

Rendre accessible à tous la liturgie romaine


Au XIXe siècle, la liturgie n’était pas unifiée dans l’Église, notamment en France où chaque diocèse avait rédigé son propre missel, contenant les prières et les lectures de la messe pour une année entière. « Dom Guéranger, tout jeune prêtre, découvre la liturgie romaine et est immédiatement séduit par son parfum d’antiquité et de foi authentique. Il retrouve la foi de Saint-Pierre, la foi du Pape, et donc la vraie foi. C’est ce qui le touche profondément et auquel il va très rapidement s’attacher, demandant la permission de célébrer selon ce missel », rapporte Dom Geoffroy Kemlin. Dom Guéranger va par la suite témoigner de son attachement à cette forme de liturgie et initier un mouvement au sein des diocèses de France, explique le père abbé.

La liturgie est la chaîne qui nous relie directement à Jésus-Christ et aux apôtres.

Le renouveau liturgique de Dom Guéranger est à la fois un projet monastique et ecclésial. Pour Dom Geoffroy Kemlin, les deux sont indissociables. « La liturgie est la chaîne qui nous relie directement à Jésus-Christ et aux apôtres. Une vie entièrement dédiée à la liturgie, c’est la vie monastique, et en même temps, il faut ouvrir ce trésor au peuple de Dieu. C’est ce que fait Dom Guéranger en rédigeant cet ouvrage magistral qu’est ‘L’Année liturgique’. » Il fallait aussi former les clercs qui célébraient la messe à partir de missels influencés par des courants jansénistes et gallicans. Dom Guéranger a donc lancé la publication des « Institutions liturgiques », l’un des premiers manuels de liturgie destiné à la formation des clercs. Selon le père abbé, le fait qu’aujourd’hui la liturgie soit célébrée en français et soit directement accessible aux fidèles est directement inspiré de Dom Guéranger.

Une volonté de communion avec Rome


Parmi les éléments qui ont touché le cœur des clercs et des fidèles, la volonté de communion avec Rome est très présente dans l’esprit de Dom Guéranger. « Il était un leader de ce qu’on appelait à l’époque le mouvement ultramontain, c’est-à-dire qu’il avait cette volonté forte de se mettre en lien avec l’Église romaine », explique le père abbé. Cette volonté s’inspire de l’Évangile lui-même, où Jésus dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». C’est ce qu’il a fait en fondant Solesmes et en mettant l’abbaye sous la protection du Saint-Siège.

Il était un leader de ce qu’on appelait à l’époque le mouvement ultramontain, c’est-à-dire qu’il avait cette volonté forte de se mettre en lien avec l’Église romaine.

Le pape François a salué Dom Guéranger pour avoir restauré la confiance filiale et la collaboration docile avec le successeur de Pierre. Le père abbé rappelle qu’historiquement, au XVIIIe siècle, la Congrégation de Saint-Maur, principale congrégation bénédictine en France, était tombée dans le jansénisme et le gallicanisme. « Le défi de Dom Guéranger, quand il a constitué la Congrégation de Solesmes, était de reprendre les bonnes intuitions de la Congrégation de Saint-Maur, mais en la dépouillant de tout ce qui l’avait infectée, à savoir le jansénisme et le gallicanisme », explique Dom Geoffroy Kemlin. Selon lui, l’attachement du peuple de Dieu, et en particulier des Français, au Saint-Siège est en partie lié à l’action de Dom Guéranger.

Procès en béatification


Une année jubilaire est organisée pour célébrer et rendre hommage à ce refondateur de la vie monastique et bénédictine en France. Un procès en béatification a commencé en 1986, relancé en 2005, et se poursuit cette année 2025, année jubilaire. Ce procès prend du temps car il consiste à analyser tous les écrits de la personne concernée. Or, Dom Guéranger a produit un très grand nombre d’ouvrages et de publications. « Ce travail, commencé il y a plusieurs années, se poursuit. Actuellement, pas moins de 17 experts théologiens travaillent sur ces œuvres », précise Dom Geoffroy Kemlin.

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